Pour financer son programme d’investissements de 2026, le gouvernement gabonais envisage de lever un prêt de 500 millions de dollars (environ 276,3 milliards FCFA). Selon Bloomberg, des représentants de l’exécutif gabonais ont échangé le 27 janvier avec des responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed), et une délégation est attendue prochainement à Washington pour poursuivre les discussions sur les modalités de ce financement.
Selon le média, les fonds en négociations sont destinés à soutenir l'économie à l’heure où le gouvernement nourrit des ambitions d’investissements colossaux. En effet, la lecture de la loi de finance 2026 laisse constater une hausse vertigineuse de 1 526,7 milliards FCFA des dépenses d’investissement passant de 592,5 milliards FCFA en 2025 à 2 119,2 milliards FCFA (+257,7 %). Paradoxalement, les recettes globales sont attendues en baisse de 4 % à 4 153,9 milliards FCFA, malgré l’optimisme de Libreville qui table sur une hausse de 65 % de ses recettes pétrolières à 1 288,1 milliards FCFA.
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L’annonce de ces négociations intervient alors que l’institution de Bretton Woods alerte, elle-même sur des dépenses publiques gabonaises élevées dans un contexte budgétaire incertain. En effet, dans son dernier rapport sur le ‘’Baromètre économique de la CEMAC’’, la Banque mondiale souligne que le Gabon reste vulnérable aux perturbations du commerce mondial et aux tensions géopolitiques, des facteurs susceptibles de freiner la croissance de ses principaux partenaires tout en alimentant l’inflation et la volatilité des cours des matières premières, ainsi qu’une vive inquiétude quant à la gestion des finances publiques. « Les risques en matière de situation budgétaire pourraient être aggravés par un programme de dépenses ambitieux dans des conditions financières tendues, de fortes pressions sur la dette et les perspectives de diminution des réserves de pétrole », prévient le rapport.
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Aussi, ces pourparlers coïncident avec les projets du gouvernement de renouer le dialogue avec le Fonds monétaire international, afin de relancer le Programme économique et financier suspendu il y a 3 ans. Selon Bloomberg, une mission du FMI devrait arriver à Libreville, la capitale gabonaise, le 15 février prochain. Le FMI avait effectivement suspendu en 2023 un prêt de 553 millions de dollars (signé en juillet 2021), quelques mois après la prise de pouvoir par l'armée dans ce pays d'Afrique centrale producteur de pétrole à cause d’ « arriérés récurrents sur la dette extérieure, des dérapages budgétaires et la lenteurs des progrès des réformes structurelles », indiquait l’institution. Une situation qui a conduit à une dégradation de la note souveraine du Gabon, abaissée à « CCC- » par l'agence de notation Fitch Ratings, invoquant un déficit budgétaire croissant et une baisse de la demande pour la dette du pays.
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Il faut tout de même rappeler qu’en dépit des appréhensions sus évoquées, les perspectives macroéconomiques de la Banque mondiale pour le Gabon sont mitigées pour les années à venir. Le pays devrait maintenir une trajectoire de croissance positive, avec un taux de 3,7 % en 2026, s’accélérant pour atteindre 4,1 % en 2027. Du côté des prix, après 1,4 % en 2025, l’inflation devrait se stabiliser autour de 2,1 % en 2026, restant ainsi sous le seuil communautaire de 3 %. L’inquiétude majeure réside dans la dégradation continue du solde budgétaire. Le déficit, estimé à -2,8 % du PIB en 2025, devrait s’accentuer pour atteindre -4,1 % en 2026, avant de franchir la barre des -5,1 % en 2027.
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