La contribution de l’intelligence artificielle au produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique subsaharienne devrait passer de 0,2 % actuellement à près de 4 % dans les dix prochaines années. Selon une analyse publiée le 20 juillet 2026 par le Fonds monétaire international (FMI), cette évolution représenterait une multiplication par vingt du poids potentiel de l’IA dans l’économie. L’institution précise que cette évolution dépend de plusieurs conditions, notamment « un approvisionnement électrique fiable, un accès abordable au haut débit, des infrastructures de données adéquates et une main-d’œuvre dotée de compétences numériques ».
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Au Cameroun, où l’intelligence artificielle reste encore embryonnaire, de nombreux défis restent à relever pour permettre à cette technologie de contribuer davantage à la croissance économique. Le secteur énergétique constitue l’un des principaux leviers de cette transformation. Dans le cadre de sa Stratégie nationale de développement (SND30), le pays ambitionne d’atteindre une capacité installée de 5 000 MW à l’horizon 2030.
Or, à mi-parcours de cette stratégie, cette capacité s’établit à seulement 2 280 MW fin 2025, soit un déficit d’environ 2 700 MW. Pour atteindre l’objectif fixée à l’horizon 2030, le Cameroun devra notamment concrétiser plusieurs projets de production électrique annoncés. Il s’agit notamment des centrales hydroélectriques de Kikot-Mbebe (500 MW), de Minkouma (300 MW), de Chollet (600 MW), et du barrage de Bini à Warack (90 MW). Si ces projets estimés à environ 3 400 milliards FCFA sont réalisés conformément aux calendriers prévus, ils représenteraient un potentiel cumulé de près de 1 690 MW supplémentaires.
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Le renforcement de la production doit également être accompagné par l’amélioration du transport et de la distribution de l’électricité. Le gouvernement prévoit, dans le cadre du Compact énergétique national du Cameroun, un programme d’investissement estimé à plus de 12 milliards de dollars qui vise à développer les infrastructures énergétiques et améliorer l’accès à l’électricité. D'où, le challenge de mobiliser les fonds pour mener à bien cette politiques gouvernementale. Dans la foulée, on relève plusieurs projets dont la ligne 400 kV Nachtigal-Bafoussam et l’extension des réseaux de distribution en zones rurales. Malgré ces investissements, l’accès à l’électricité reste marqué par des disparités territoriales : selon l’ECAM 5, le taux de desserte atteint 87,6 % en milieu urbain contre 28,4 % en milieu rural.
Accélérer le haut débit
Au-delà de l’électricité, la connectivité constitue un autre prérequis au développement des usages de l’intelligence artificielle. Le Cameroun poursuit depuis plusieurs années l’extension de ses infrastructures numériques, notamment à travers le développement de la fibre optique. Le linéaire national a atteint 20 000 km en 2024, grâce notamment à des projets tels que le Central African Backbone (CAB). Malgré ces avancées, l’accès à Internet reste encore inégalement réparti.
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Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), 46,3 % de la population camerounaise utilisait Internet en 2024. Les données issues des enquêtes nationales sur les TIC montrent également des écarts entre les territoires, avec un accès à Internet qui concerne environ 30 % des ménages en zone urbaine contre 7 % en zone rurale. Pour poursuivre le renforcement du réseau, le Programme d’investissement prioritaire (PIP) 2027-2029 prévoit notamment l’extension du Backbone Transmission par fibre optique (phase IV), pour un coût estimé à 108 milliards FCFA sur la période 2028-2030.
Une stratégie IA en construction
Cette analyse de l'institution de Breton Woods intervient alors que Yaoundé multiplie les initiatives visant à mieux intégrer et réguler les usages de l'IA. Le 7 juillet dernier, la Stratégie nationale d’intelligence artificielle (SNIA) a été officiellement lancée à Yaoundé par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng. Cette feuille de route ambitionne de faire du Cameroun un « hub de référence en intelligence artificielle en Afrique à travers des solutions souveraines, inclusives, durables et ancrées dans les valeurs africaines », selon la ministre.
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À l’horizon 2040, elle prévoit notamment de former 60 000 talents en IA, dont 40 % de femmes, de générer 12 000 emplois directs et de contribuer à hauteur de 0,8 % à 1,2 % du PIB. Au-delà de ce cadre national, le Cameroun cherche également à prendre part aux initiatives internationales de gouvernance de l’intelligence artificielle. Le pays a ainsi signé, le 16 juillet 2026 à Shanghai, l’accord portant création de l’Organisation mondiale de coopération en matière d’intelligence artificielle (WAICO), devenant membre fondateur de cette nouvelle organisation intergouvernementale consacrée à la coopération internationale sur l’IA.
Inès Marie Nga (stagiaire)









