La Banque africaine de Développement (BAD) vient d’annoncer un financement de 8 milliards Fcfa en la faveur du Tchad. L’appui a été consigné dans un accord avec le gouvernement tchadien ce 20 Août 2026, dans le cadre du Programme d’Appui à l’Amélioration du Climat des Affaires et à la Modernisation de l’Administration (PAACAMA). Selon la publication officielle du ministère tchadien des finances, cet appui vise par ailleurs à « renforcer la gouvernance économique, la mobilisation des ressources intérieures, la modernisation de l’administration publique ».
Faut-il le rappeler, le PAACAMA est la réponse à une requête des autorités tchadiennes pour soutenir la mise en œuvre du Plan Tchad 2030, au travers de la mobilisation des recettes fiscales et l’amélioration du climat des affaires. Financé à hauteur de 10,535millions d’UC soit environ 8 milliards FCFA, il comprend deux composantes. La première concerne la mobilisation des ressources intérieures et le renforcement du contrôle externe des finances publiques (3,9 milliards FCFA) et la seconde est essentiellement consacrée à l’amélioration du climat des affaires pour une enveloppe de 3,3 milliards FCFA. Les 8 milliards annoncés par la BAD, représentent alors 90% du montant total du projet. Selon les clauses du contrat, le gouvernement tchadien devra apporter une contrepartie en nature estimée à 1,015million UC soit environ 724millions FCFA.
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Par le déploiement des solutions digitales prévues par le projet, la Banque est appelée à consolider les initiatives en cours notamment E‑Tax pour la télé-déclaration et le télé-paiement des impôts, le Fichier Electronique National des contribuables (FEN) et le Système intégré de gestion des finances publiques (SIGFiP). Ces initiatives du gouvernement tchadien demeurent encore, selon la BAD, « fragmentées et insuffisamment interopérables pour produire des effets systémiques sur la mobilisation des ressources domestiques et la gestion des finances publiques ».
À court et moyen termes, la phase I, inscrite sur un horizon allant jusqu’en 2031, devrait améliorer la performance des régies financières, notamment par une meilleure couverture des contribuables, et la réduction des coûts et délais administratifs de procédures initiées par les entreprises. Parallèlement, le renforcement des compétences de 1 500 jeunes et femmes, l’accompagnement de 300 PME/PMI et l’appui à environ 50 incubateurs et start‑ups devraient améliorer l’insertion économique des bénéficiaires et la viabilité de leurs activités. « Ces actions renforceront la résilience climatique des entreprises et des entrepreneurs », prévoit le rapport d’évaluation publié en juillet 2026.
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Ce projet arrive au moment où le Tchad évolue dans un modèle économique « structurellement fragile ». Malgré des efforts notables fournis par le gouvernement, l’environnement des affaires jugé peu favorable se caractérise encore par un accès au crédit difficile avec des taux d'intérêt élevés (15-25%), et des banques réticentes à prêter. Dans son rapport pays 2025, la BAD note surtout un déficit important en infrastructures, un cadre législatif inadapté avec des lourdeurs administratives (65 jours pour créer une entreprise contre 3 jours au Rwanda) et une fiscalité complexe. Des contraintes majeures qui étouffent le potentiel du secteur privé notamment, jusqu’ici « sous développé », représentant seulement environ 15% du PIB, contre 50-70% dans d'autres pays africains.











