L'Agence de promotion des investissements (API) a présenté le 9 juin à Yaoundé les résultats d'une enquête réalisée avec l'appui de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) auprès de 75 entreprises à participation étrangère opérant au Cameroun. Il en ressort que les entreprises ayant communiqué des projets d'investissement chiffrés prévoient de réinvestir 166,8 millions de dollars, soit près de 95 milliards de FCFA, au cours des trois prochaines années. Ce montant représente presque le double des 86,1 millions de dollars déjà investis par ces mêmes entreprises au cours des dernières années.
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Réalisée entre 2023 et 2025, l'étude intitulée Cameroon's Business Climate at a Glance porte sur un échantillon d'entreprises employant au total 24 430 personnes et affichant un âge médian de 21 ans de présence au Cameroun. Parmi elles, 70 sur 75 déclarent une participation étrangère à leur capital. Les entreprises entièrement détenues par des investisseurs étrangers représentent un peu plus de la moitié de l'échantillon, tandis que les coentreprises associant capitaux étrangers et partenaires locaux occupent une place importante dans le tissu productif. Quarante-cinq des entreprises enquêtées sont installées dans des parcs ou zones industriels aménagés.
Une base d'investisseurs solidement implantée
Selon le rapport, la dynamique de réinvestissement s'appuie sur une forte volonté d'expansion. Près de 68 % des entreprises interrogées déclarent vouloir développer davantage leurs activités au Cameroun. Toutefois, seules 44 % disposent déjà de plans d'investissement clairement chiffrés.
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« Ce décalage traduit l'existence de contraintes qui freinent le passage des intentions aux réalisations effectives, mais ne remettent pas en cause l'intérêt des investisseurs pour le marché camerounais », explique Donatus Boma, directeur général de l'API. « Si l'on extrapole les résultats obtenus auprès des entreprises enquêtées, on constate que malgré les défis, le Cameroun demeure une destination attractive pour les investissements directs étrangers », ajoute-t-il.
Les investisseurs européens restent les plus représentés au sein de l'échantillon, avec 42,7 % des entreprises recensées et 44,6 % des emplois générés. Ils sont suivis par les investisseurs asiatiques, qui représentent 33,3 % des entreprises et 33,6 % des emplois. Les investisseurs africains, moins nombreux, concentrent néanmoins plus de 10 % des emplois recensés.
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L'étude souligne également le poids économique des coentreprises. Bien qu'elles soient moins nombreuses que les entreprises entièrement détenues par des capitaux étrangers, elles concentrent à elles seules plus de 60 % des emplois recensés, illustrant l'importance des partenariats entre investisseurs internationaux et acteurs locaux.
L'énergie reste le principal sujet d'inquiétude
Au-delà des intentions d'investissement, l'enquête met en lumière plusieurs contraintes qui continuent de peser sur l'environnement des affaires. Les difficultés d'approvisionnement en énergie figurent parmi les préoccupations les plus fréquemment citées par les investisseurs.
L'actualité récente en fournit une illustration concrète. Depuis le début du mois de juin, CIMFIG, la nouvelle cimenterie de Figuil, dans la région du Nord, a suspendu temporairement sa production après avoir été déconnectée du Réseau interconnecté Nord afin de préserver la stabilité du système électrique régional. Cet épisode rappelle la vulnérabilité des investissements industriels face aux insuffisances de l'offre énergétique.
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Plus largement, les inquiétudes liées à l'électricité interviennent dans un contexte marqué par des tensions récurrentes sur le système électrique national. Ces dernières semaines, le retrait partiel des capacités de production des centrales de Kribi et de Dibamba, exploitées par Globeleq, a provoqué des perturbations dans plusieurs régions du pays, mettant en évidence la fragilité persistante de l'approvisionnement énergétique.
Les investisseurs pointent également les contraintes logistiques qui affectent leur compétitivité. Selon le rapport, l'état de plusieurs axes routiers stratégiques continue d'alourdir les délais et les coûts de transport des marchandises, notamment entre les bassins de production, les zones industrielles et le port de Douala.
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Enfin, les entreprises interrogées estiment que les incitations fiscales et les régimes préférentiels ne suffisent pas toujours à accélérer la réalisation des projets. Les avantages prévus par les textes sont souvent neutralisés par les lenteurs administratives, la complexité des procédures et les délais observés dans le traitement de certains dossiers.
« Dans ces conditions, la prévisibilité de l'environnement réglementaire apparaît plus importante que les avantages fiscaux eux-mêmes », souligne une représentante d'Eurocham Cameroon.
Malgré ces contraintes, le rapport conclut à un niveau de confiance globalement élevé parmi les entreprises interrogées. Plus de quatre entreprises sur cinq se déclarent modérément ou fortement confiantes dans leurs perspectives d'activité, confortant l'idée que le Cameroun continue d'exercer un pouvoir d'attraction sur les investisseurs déjà présents dans le pays.
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