Le 24 septembre à New York, en marge du 80ᵉ anniversaire de l’ONU, les gouvernements tchadien et béninois ont signé un accord d’exemption de visa. C’était lors d’une audience entre le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul, avec son homologue béninois, Olushegun Adjadi Bakari, ministre des Affaires étrangères du Bénin. « Dans le souci de renforcer et d’approfondir leurs relations bilatérales, le Tchad a décidé d’ouvrir une ambassade au Bénin en remplacement du Consulat général. Le Bénin, de son côté, envisage l’ouverture d’une représentation diplomatique à N’Djamena, afin de dynamiser davantage cette coopération exemplaire. », précise le communiqué officiel de N’Djamena.
Cette entente intervient surtout dans un contexte marqué par la volonté du Tchad de diversifier ses corridors d’approvisionnement. Pays enclavé, il dépend historiquement des ports camerounais, principalement Douala et Kribi, par lesquels transitent chaque année plus d’un million de tonnes de marchandises importées. Mais ce corridor vital est régulièrement critiqué pour ses coûts de transport élevé, ses lenteurs administratives et les tracasseries rencontrées par les opérateurs. Le syndicat des transporteurs tchadiens dénonce fréquemment ces lourdeurs, qui alourdissent les délais et renchérissent les prix des marchandises à l’arrivée sur le marché tchadien.
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Face à ces contraintes, l’État tchadien cherche des solutions alternatives. Après avoir exploré les ports de Bata et Malabo en Guinée équatoriale à fin 2024, sans réelle concrétisation, N’Djamena se tourne désormais vers Cotonou, où les discussions semblent plus avancées à la suite des concertations entre le Conseil des chargeurs du Tchad (COC-Tchad) et la direction du Ports de Cotonou en juillet dernier. L’accord d’exemption de visa signé avec le Bénin s’inscrit dans ce processus, avec pour espoir de faciliter la mobilité des personnes et créer un cadre propice aux négociations logistiques entre les deux pays. Il constitue une étape diplomatique préalable à une éventuelle utilisation accrue du port béninois comme débouché maritime pour les échanges du Tchad.
Historiquement, Douala s’est imposé comme la principale porte d’entrée et sortie des marchandises tchadiennes, renforcée ces dernières années par le port en eau profonde de Kribi, qui capte déjà une part importante du trafic en transit. En 2023, près de 68 % des marchandises transitant par Kribi concernaient le Tchad, illustrant l’ampleur de cette dépendance. Mais avec l’accord de visa et la perspective d’un corridor Cotonou-N’Djamena, le Tchad montre sa volonté de remodeler sa carte logistique. À moyen terme, l’efficacité de cette stratégie dépendra de la capacité des deux États à harmoniser leurs règles douanières, à sécuriser le corridor routier et à mobiliser les acteurs privés dans la gestion et la modernisation des infrastructures.
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