Au Cameroun, le gouvernement prépare une première évaluation physique des ressources en terres rares et minéraux critiques. Le 16 juillet dernier à Yaoundé, lors d'un point de presse, Fuh Calistus Gentry, ministre par intérim des Mines, a annoncé l'organisation d'une mission d'inspection sur les sites d'exploration, prévue pour le quatrième trimestre 2026. « Avec des grands partenaires internationaux, britanniques, australiens, américains, la Sonamines et nous, le gouvernement, une descente sur le terrain est prévue en novembre prochain. Cela nous permettra de voir l'état d'avancement des recherches, apprécier le potentiel géologique grâce aux résultats d'opérateurs et avoir des discussions avec les riverains en vue de préparer l'exploitation. Parce que le riverain doit être le premier bénéficiaire des retombées de ces projets », a-t-il déclaré.
Concrètement, la mission cible trois des dix régions du pays, en priorité l'Est et le Centre où opèrent des firmes australiennes et américaines. Officiellement, le membre du gouvernement a identifié le gisement de cobalt, nickel et manganèse de Nkamouna à l'Est, récemment retourné au domaine public (Sonamines) après le retrait du titre minier à l'américain Geovic pour défaut de développement depuis 2003. Il a également cité la présence de monazite et de rutile dans le Centre, précisant qu'il s'agit de minerais d'intérêt stratégique destinés aux industries de l'automobile, de l'aéronautique et de la défense.
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Sur le terrain, dans les zones ciblées par la mission, plusieurs juniors minières documentent leurs recherches de ces minerais. Dans le Centre, l'australien Lion Rock Minerals (coté sur l'ASX) détient plusieurs permis d'exploration sur le projet Minta (couvrant plus de 8 000 km2) et recense des indices de rutile et de monazite. Contactée par EcoMatin, une source interne à l'entreprise confirme la programmation de cette visite étatique qu'elle qualifie d'historique : « D'ailleurs, une équipe de l'ambassade américaine a récemment séjourné à Minta, début juillet, pour apprécier le travail de recherche abattu sur le site par les équipes de Lion Rock et son partenaire Tronox, en prélude à cette mission du gouvernement ».
Dans le Littoral, Tusker Minerals (ex-DY6) explore des sables rutilifères dans le bassin de Douala, avec des premières évaluations conformes à la norme JORC attendues d'ici fin 2026. Ce site bénéficie de la proximité du port de Douala et de la centrale à gaz, facilitant l'extraction, l'exportation et une potentielle première transformation locale. D’autres projets de terres rares sont en développement, à l’instar des sables minéralisés de Déhane détenus par le britannique BWA Group (Centre).
Cette démarche d'évaluation gouvernementale s'inscrit dans un contexte macroéconomique de transition pour le Cameroun. Face à la baisse tendancielle des recettes pétrolières et aux pertes financières liées à la contrebande dans la filière or — un secteur en cours d'assainissement via des redressements fiscaux —, le gouvernement table sur ces nouveaux minerais pour prendre le relais des recettes de l'État. « À moyen et à long termes, les dix grands projets miniers en cours, la restructuration du secteur aurifère et l’exploitation envisagée des terres rares et des minéraux critiques, permettront de porter la contribution du secteur minier à plus de 2 000 milliards FCFA par an au Trésor public », a conclu le ministre des Mines.
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