CG International Petroleum (CGIP), société canadienne cotée à la Bourse de croissance de Toronto (CSE), a profité de la Semaine africaine de l’énergie (AEW) qui se tient au Cap, pour présenter deux permis dormants au Tchad, rapporte l'Organisation des producteurs de pétrole africains (APO Group). Lors de la session « African Farmout Forum » le 2 octobre, la juniore a lancé un appel à partenaires pour développer les blocs DOC et DOD dans le bassin de Doba. Ces actifs, acquis en 2012, couvrent une superficie de 600 847 km² et recèlent 11 découvertes. « CG International Petroleum invite des partenaires à investir dans les blocs DOC et DOD dans le bassin de Doba. La superficie contient onze découvertes avec 90 millions de barils de ressources contingentes 2C. », souligne le rapport.
Selon CGIP, les infrastructures de traitement et d’exportation existent déjà dans cette région du sud du Tchad, où opèrent Perenco, repreneur d’actifs de Glencore et Savannah Energy (dans les ex-actifs d’ExxonMobil). En s’appuyant sur ces installations, la société estime que quatre puits déjà forés pourraient produire rapidement entre 4 000 et 4 500 barils/jour. Le projet avait fait l’objet de premières opérations en 2014-2015, avec 14 puits d’exploration et d’évaluation. Mais faute de financement, l’exploitation est restée en suspens.
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En mars 2024, un accord conclu avec la société canadienne Greenhawk Resources devait permettre de relancer le projet. Greenhawk avait accordé à CGIP une débenture (titre de créance) de 2,7 millions CAD (environ 1,2 milliard FCFA). Cet accord s’accompagnait d’une option d’affermage (farm-in) sur douze puits du bassin de Doba. L’accord prévoyait notamment une conversion de la dette et un paiement additionnel de 4,3 millions CAD (environ 2 milliards FCFA), assortis de l’émission de 50 millions d’actions à CGIP. Mais un an plus tard, les progrès de ce partenariat restent limités, et la juniore demeure en quête de financements frais.
Pour le Tchad, l’enjeu est majeur. Le pays, dont l’économie repose sur le pétrole à hauteur de près de 60 % des recettes d’exportation, a vu sa production reculer de 5% % à 6,5 millions de tonnes en 2024. Dans un contexte de baisse des cours mondiaux d’or noir (Brent à 74-76 dollars début octobre 2025 contre plus de 90 dollars un an plus tôt), cette contraction impacte les recettes budgétaires et limite la capacité d’investissement de l’État. Par ailleurs, le gouvernement mise sur son plan « Tchad Connexion 2030 » pour relancer la production, en intégrant notamment les blocs DOC et DOD dans ses objectifs de redressement.
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Historiquement, plusieurs opérateurs se sont succédé sur ces permis, sans succès : la britannique Delonex Energy, précédent titulaire, n’avait pas dépassé la phase d’exploration. Depuis plus d’une décennie, aucune firme pétrolière n’a réussi à transformer ces découvertes en barils commercialisables. CGIP espère inverser la tendance grâce à de nouveaux partenaires, mais la prudence des investisseurs face à la volatilité du marché pétrolier et à la fragilité financière de la junior canadienne pourrait freiner les ambitions.
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