Searcher, société basée en Australie et spécialisée dans les données sismiques, a annoncé le 20 mars l’achèvement d’un programme de retraitement en Guinée Equatoriale, portant sur 7 337 km de données 2D et 3D en offshore profond. Commandé par Malabo pour un montant estimé à 60 millions de dollars (environ 36 milliards FCFA), ce projet vise à préparer le lancement du cycle d’octroi de licences pétrolières « EG Ronda 2026 », attendu en avril prochain. « La résolution désormais disponible changera fondamentalement la manière dont les entreprises abordent l’exploration offshore du pays », a déclaré Alan Hopping, directeur général de Searcher.
Ce programme répond à une contrainte structurelle : l’insuffisance de données techniques, qui avait conduit au report du précédent cycle d’attribution initialement envisagé en 2025. Avec une production tombée autour de 60 000 barils par jour début 2026 — le plus faible niveau au sein de l’Opep — la Guinée équatoriale cherche à restaurer l’attractivité de son domaine minier, fragilisé par le vieillissement des champs et le retrait progressif de majors américaines entre 2022 et 2023. Le retraitement des données vise ainsi à réduire le risque exploratoire et à améliorer la lisibilité géologique des blocs proposés.
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Pour Malabo, l’enjeu est double : sécuriser de nouveaux investissements en amont pétrolier et enrayer le déclin de la production, pilier de l’économie nationale. La mise à disposition de données actualisées avant le lancement du cycle constitue un levier clé pour attirer des opérateurs, dans un contexte de concurrence accrue entre juridictions africaines. Plusieurs acteurs, dont l’italien Eni, ont déjà manifesté un intérêt préliminaire pour certains blocs, à travers des accords de prospection.
Au niveau sous-régional, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de relance de l’exploration en Afrique centrale. Le Cameroun a récemment mis en promotion neuf blocs pétroliers, avec des résultats attendus fin avril, tandis que d’autres pays producteurs cherchent également à compenser le déclin de leurs champs matures. Dans ce contexte, la Guinée équatoriale tente de se repositionner rapidement pour capter une part des investissements exploratoires, dans un marché où la qualité des données et la réduction du risque géologique deviennent des facteurs décisifs.
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