Les neuf premiers mois de 2026 marquent une rupture dans les performances financières de Vaalco Energy. Après une perte nette de 51,3 millions de dollars au premier semestre, la compagnie pétrolière américaine a enregistré un déficit cumulé de 91,2 millions de dollars au 30 septembre, contre un bénéfice net de 17,2 millions de dollars sur la même période en 2025. Publié le 5 novembre, son rapport financier du troisième trimestre attribue principalement cette dégradation « aux pertes sur les instruments dérivés liés aux matières premières, à l’augmentation des dépenses d’exploration, à la hausse des charges d’intérêts et à celle des impôts ». Il s’agit du premier résultat net déficitaire de Vaalco sur les neuf premiers mois d’un exercice depuis 2020.
Cette contre-performance contraste avec la progression de plusieurs indicateurs commerciaux. Sur la même période, le chiffre d’affaires net de la compagnie a atteint 344,7 millions de dollars, contre 268,2 millions un an plus tôt, soit une hausse de 28,5 %. Le prix moyen réalisé du pétrole brut a, pour sa part, progressé de 32 %, passant de 57,42 à 76,03 dollars le baril. Les volumes vendus ont toutefois reculé de 5,3 %, à 4,413 millions de barils équivalent pétrole (BOE), contre 4,662 millions en 2025. Vaalco explique cette baisse par la cession de ses actifs canadiens, les travaux de rénovation du FPSO (unité flottante de production et de stockage) en Côte d’Ivoire et le calendrier des enlèvements de brut au Gabon.
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La principale pression sur les résultats provient des instruments de couverture pétrolière. Les pertes nettes sur les instruments dérivés ont atteint environ 108,8 millions de dollars sur neuf mois, contre 0,8 million un an plus tôt. Les dépenses d’exploration ont également fortement augmenté, passant de 2,9 à 27,3 millions de dollars, en raison notamment des opérations menées au Gabon au troisième trimestre. À cela s’ajoutent la hausse des charges d’intérêts, de 6,2 à 10 millions de dollars, et celle des charges d’impôt sur le résultat, de 19,5 à 41,4 millions. Par zone géographique, les redevances et impôts comptabilisés sont passés de 20,7 à 27,6 millions de dollars au Gabon, et de 67,7 à 107,7 millions en Égypte.
Le Gabon reste un pilier opérationnel
Après la cession de ses actifs canadiens, Vaalco poursuit son recentrage sur ses opérations africaines. Le Gabon demeure l’un de ses principaux pôles de production. Sur les neuf premiers mois de 2026, sa production moyenne dans le pays a atteint 7 676 barils équivalent pétrole par jour, contre 7 014 un an plus tôt. La compagnie a achevé sa campagne de forage de phase 3 sur le permis Etame, avec cinq puits forés et mis en production. Un autre forage, ETBNM-3, destiné à fournir du gaz aux installations, doit contribuer à réduire le recours au diesel transporté par navire. Parallèlement, les revenus nets générés au Gabon ont progressé de 41,7 %, à 187 millions de dollars, contre 132 millions un an plus tôt.
Des dividendes malgré les pertes
Malgré son résultat net négatif, Vaalco maintient sa politique de rémunération des actionnaires. La compagnie a versé 20,1 millions de dollars de dividendes au cours des neuf premiers mois de 2026 et prévoit un nouveau paiement de 0,0625 dollar par action le 22 décembre, soit un rythme annualisé de 0,25 dollar. Cette politique intervient dans un contexte d’endettement accru : au 30 septembre, la dette nette atteignait 187,7 millions de dollars, contre 1,1 million à fin décembre 2025.
Pour le quatrième trimestre, le groupe prévoit une production comprise entre 18 800 et 20 900 BOE par jour en intérêt économique net. Ses perspectives de croissance reposent notamment sur les projets Venus, en Guinée équatoriale, où une décision finale d’investissement est attendue au quatrième trimestre 2026, et Kossipo, en Côte d’Ivoire, dont le plan de développement doit progresser vers une finalisation au premier semestre 2027. Selon la direction, ces deux projets pourraient, à terme, doubler organiquement la production du groupe.
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