Le gouvernement gabonais va porter de 10 % à 20 % la part revenant à l’État sur l’ensemble des productions minières du pays. L’annonce a été faite par le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, dans une interview publiée par le quotidien « L’Union » le 3 novembre 2026. Dénonçant un « taux digne d’un pillage », hérité de l’ancien cadre légal de l’époque coloniale, le ministre explique que la mesure s’inscrit dans la nouvelle ligne politique du gouvernement : « Nous le portons à 20 % pour toutes les productions : fer, or, manganèse, terres rares, potasse. Avec 20 % de toutes les productions, on peut affirmer sans risque de se tromper qu’il y a de l’espoir. » Cette disposition clé sera inscrite dans le nouveau Code minier, attendu dès la semaine prochaine.
Avec cette mesure, l’exécutif vise une hausse importante des recettes fiscales du secteur, dont la part dans les revenus de l’État passerait de 6 % à près de 20 %. Pour soutenir cette orientation, les autorités s’appuient sur un plan stratégique comprenant la reprise en main de l’orpaillage, la constitution d’une réserve nationale stratégique (30 kg d’or déjà stockés contre 0 kg deux mois plus tôt), le lancement de huit nouvelles mines d’ici 2030, du gisement de fer de Bélinga à la potasse de Mayumba, ainsi que l’obligation de transformer localement les minerais.
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Cette augmentation de la redevance constitue le cœur de la réforme engagée pour moderniser la gouvernance des ressources naturelles. Rappelant que « les réformes prennent du temps, mais elles doivent être irréversibles », Sosthène Nguema Nguema insiste sur la complémentarité des actions menées. Selon lui, la réserve nationale d’or, la transformation locale des minerais, la remise en ordre des permis et le nouveau Code minier forment les quatre piliers d’une nouvelle politique minière. « L’enjeu n’est plus seulement d’extraire davantage, mais de mieux répartir, de mieux contrôler et de mieux transformer. C’est à cette condition que le secteur minier pourra devenir un véritable pilier de l’économie gabonaise et une source d’espoir concret pour les populations », affirme-t-il. En remplaçant un cadre juridique ancien jugé défavorable aux intérêts nationaux, l’État entend sécuriser des revenus durables.
Assainissement du cadastre minier et retrait de permis
Parallèlement au volet législatif, le ministère des Mines a conduit un audit du secteur aurifère, après la suspension, décidée le 22 juillet 2026, des activités dans la petite mine où se concentrait un important désordre. Les contrôles ont révélé de graves manquements et conduit au retrait de 73 permis miniers non conformes. « Dans le secteur aurifère, nous avons trouvé une anarchie et fait face à une certaine mafia. On ne peut pas produire des tonnes d’or au Gabon sans que l’État en profite », dénonce le ministre. Il précise que « plus de 70 % des permis de recherche étaient passés en exploitation à l’insu du ministère, ce qui est une violation flagrante de la loi ». Après avoir convoqué l’ensemble des opérateurs pour examiner leur situation fiscale, sociale et technique, l’administration a constaté que près de 90 % des acteurs contrôlés étaient en défaut. Elle a alors publié officiellement la liste des révocations pour rétablir l’ordre sur le cadastre minier.
Par ailleurs, la loi gabonaise prévoit des fonds de développement des communautés locales : dès la signature de la convention, l’opérateur est tenu de les alimenter. À cela s’ajoute la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE), financée sur ses fonds propres et consacrée au développement du pays. « Sans convention, rien de cela n’est versé. Ce qui explique le manque à gagner de plusieurs dizaines de milliards de FCFA chez les sociétés suspendues : ni impôts, ni contributions aux fonds communautaires, ni responsabilité sociétale », indique le ministre.
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