Selon le rapport du Fonds monétaire international (FMI) sur les « Perspectives économiques régionales en Afrique subsaharienne », le niveau d’endettement du Cameroun devrait atteindre 39,9 % du PIB en 2025. Si ces projections se confirment, ce sera la première fois depuis six ans que le ratio dette publique/PIB passera sous la barre des 40 %, après avoir culminé à 44,9 % en 2020, 47,2 % en 2021, 45,6 % en 2022, 43,2 % en 2023 et 42,7 % en 2024. L’institution de Bretton Woods n’explicite pas les facteurs qui pourraient favoriser cette embellie. En revanche, à fin janvier, elle estimait que le pays « présentait toujours un risque élevé de surendettement ».
Ces prévisions soulèvent des questions sur les mesures que le gouvernement camerounais entend mettre en œuvre pour atteindre cet objectif. En effet, dans son DPEB 2025-2027, l’exécutif table plutôt sur un taux d’endettement de 50 % en 2025, soit 4,4 points de plus qu’en 2024 et un écart de 10,1 points avec les projections du FMI. Sur cette base, l’encours de la dette devrait croître, mais rester sous le plafond de 70 % du PIB prévu par la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), où le Gabon, lui, est attendu à 79,2 %, malgré les réserves de Libreville sur la méthodologie du FMI.
Le Gabon attendu à 79,2% du PIB
Concernant le Gabon, le FMI prévoit un taux d’endettement de 79,2% après 73,4% en 2024 même si les autorités de Libreville ne partagent pas toujours la méthode de calcul employée par le FMI. « Nous sommes toujours en désaccord avec les institutions de Bretton Woods sur notre taux d’endettement. Le Fonds monétaire dirait plus de 70%. Nous, nous dirons 58% quand nous sommes arrivés et 56% aujourd’hui et nous avons une tendance baissière vers 54%. La réalité est que dans la mesure du Fonds, ils intègrent une dette qui est sociale intérieure : c’est la dette de l’Etat vis-à-vis des agents publics, qui est régulièrement réglée », a récemment déclaré Charles Mba, le ministre gabonais des Comptes publics et de la Dette dans une interview accordée à TV5 Monde.
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A l’observation, le FMI fonde son pessimisme notamment sur le solde budgétaire (différence entre les recettes et les dépenses) qui devrait se dégrader passant de –3,9% en 2024 à –5,9% du PIB en 2025 soit 2 points de plus en glissement annuel. Toute chose qui devrait certainement pousser le pays d’Oligui Nguema à faire recours à plus d'emprunts pour combler le déficit annoncé dans un contexte où les projets sont multiples et les besoins de financement aussi. En dehors du Gabon, la dette du Tchad devrait progresser pour s’établir à 33,9% du PIB (+0,1 point). Malgré qu’il resterait largement au-dessus du critère de convergence avec une dette de 91,4%, le Congo se sera amélioré par rapport à 95,4%. La RCA et la Guinée-Équatoriale afficheraient respectivement un niveau d’endettement de 58,3% et 35,1% du PIB.
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A l’échelle régionale, le niveau d’endettement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) serait largement supérieure à celui des six pays économies de la Cemac (51,5%). D’après le FMI, la Cemac aura connu une baisse de 0,9 point de niveau d’endettement contre 1,9 point pour l’UEMOA. A en croire le rapport supra indiqué, le Cameroun affichait un niveau d’endettement de 27,6% du PIB sur la période 2011-2019.
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