Le candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) Issa Tchiroma Bakary a revendiqué, mardi, sa victoire à l’élection présidentielle du 12 octobre, alors que les résultats officiels ne sont pas encore proclamés par le Conseil constitutionnel.
Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, l’ancien ministre a affirmé que son camp avait remporté le scrutin « de manière claire et incontestable ». « Notre victoire est claire. Elle doit être respectée. Le peuple a choisi, et ce choix doit être respecté », a-t-il écrit, appelant le gouvernement à « accepter la vérité des urnes » sous peine de « plonger le pays dans un tourment ». Le candidat a par ailleurs annoncé la publication prochaine d’un rapport détaillé des résultats région par région.
S'il est autorisé de rendre public les procès-verbaux de chacun des bureaux de vote, il est en revanche illégal de proclamer le résultat du vote avant le Conseil constitutionnel. C’est la ligne rouge à ne pas franchir », avait rappelé dimanche soir le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, réaffirmant la fermeté des autorités face à toute tentative de proclamation parallèle.
Plusieurs figures de l’opposition ont rapidement salué la déclaration de victoire d’Issa Tchiroma Bakary, y voyant l’expression d’un vote populaire en sa faveur. Le candidat Ateki Seta Caxton a notamment déclaré : « Tout en félicitant le candidat Tchiroma pour sa performance remarquable dans les urnes, j’en appelle à la responsabilité et au calme de tous ».
Dans un communiqué conjoint publié le 12 octobre, Anicet Ekané et Djeukam Tchameni, porte-parole de la plateforme Union pour le changement 2025, ont eux aussi annoncé la victoire du candidat du FSNC, affirmant qu’il aurait obtenu « un pourcentage oscillant entre 60 et 80 % dans plusieurs bureaux de vote ». Les deux responsables, qui avaient désigné Issa Tchiroma Bakary comme « candidat consensuel du peuple » dès le 13 septembre, estiment qu’il a « infligé une défaite écrasante au candidat du RDPC », malgré « la machine traditionnelle de fraude du parti-État ». De son côté, Akere Muna, ancien bâtonnier et candidat du Parti Univers, n’a pas cité nommément Tchiroma mais a lancé un message implicite sur X (ex-Twitter) : « Assurez-vous que la volonté du peuple soit respectée. »
Pour l’heure, ni le taux de participation ni la date exacte de la publication des résultats n’ont été communiqués. Le Conseil constitutionnel dispose jusqu’au 26 octobre pour rendre sa décision.
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