Le milliardaire nigérian Aliko Dangote a annoncé dimanche 26 octobre l’extension de la capacité de production de sa raffinerie de pétrole, située dans la zone de Lekki, au sud de Lagos. La méga-infrastructure passera de 650 000 barils par jour à 1,4 million de barils d’ici fin 2025. « Nous élargissons la raffinerie Dangote de 650 000 à 1,4 million de barils par jour ; une fois achevée, elle deviendra l’une des plus grandes au monde », a déclaré l’homme d’affaires. Le projet a-t-il annoncé, sera financé principalement par les flux de trésorerie internes du groupe, avec l’appui d’un ou deux investisseurs stratégiques.
D’après l’homme d’affaires nigérian, la construction reposera sur des infrastructures déjà existantes afin d’accélérer la mise en œuvre du programme, qui s’étalera sur trois ans. Aliko Dangote a souligné que cette montée en puissance traduit sa confiance dans l’Afrique et dans le leadership du Nigeria. L’initiative s’inscrit dans la volonté de réduire la dépendance du continent aux importations de produits raffinés et de répondre à la demande énergétique croissante de plusieurs pays africains. Le promoteur prévoit également de faire coter la raffinerie à la Nigerian Exchange Limited, marché boursier nigérian, en 2026, permettant ainsi aux Nigérians d’acquérir des actions et de participer à la propriété de l’infrastructure.
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Cette expansion devrait ainsi renforcer la position de l’usine de Lekki comme la plus grande raffinerie du continent africain, devant celles de Skikda en Algérie (356 000 b/j) et d’Alexandrie en Égypte (300 000 b/j). Mise en service en mai 2023, la raffinerie de Dangote est déjà considérée comme la plus importante raffinerie à train unique au monde, avec une capacité actuelle de 650 000 b/j.
La CEMAC face au défi du raffinage
Alors que le Nigeria investit massivement pour devenir un exportateur net de produits raffinés, ses voisins de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) — Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, Guinée équatoriale et République centrafricaine — demeurent dépendants des importations de carburants. Selon la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la sous-région dépense chaque année près de 2 000 milliards FCFA pour s’approvisionner en produits pétroliers raffinés. Malgré leurs ressources brutes, les raffineries locales, telles que la Sonara au Cameroun ou la Sogara au Gabon, peinent à satisfaire la demande régionale en raison de capacités limitées et d’une vétusté technique accrue.
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Les marchés de la CEMAC continuent ainsi d’importer d’Europe, des produits blancs à coûts élevés auprès de négociants internationaux comme Trafigura et Vitol. En parallèle, les produits issus de la raffinerie Dangote, encore boudés ou accueillis avec prudence dans plusieurs pays de la CEMAC, sont désormais massivement importés par New York et d’autres ports américains via ces mêmes négociants internationaux. Cette dépendance structurelle fragilise les réserves de change de la zone et renchérit les prix à la pompe. L’entrée en production à pleine capacité de la raffinerie Dangote pourrait à terme redistribuer les flux d’approvisionnement dans la région, offrant une alternative de proximité aux importations venues d’Europe ou du Golfe.
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