En visite à Moscou le 15 juillet dernier, Thierry Patrick Akolosa, ministre centrafricain du Commerce et de l’Industrie a exprimé à son homologue russe, la volonté du pays de susciter l’intérêt des entreprises minières russes pour le sous-sol centrafricain, en particulier l'extraction de minerais de diamants. « La RCA attend l’arrivée d’entreprises russes avec leurs experts, afin qu’elles puissent travailler réellement sur notre sol, pour notre pays, et extraire nos minerais afin de développer et tirer des bénéfices importants de la vente de nos ressources dont le diamant », a indiqué le ministre centrafricain du commerce à TASS, l’agence russe d’information.
Cette sollicitation est la seconde du genre depuis la levée, le 15 novembre 2024, de l’embargo sur les exportations de pierres précieuses centrafricaines. Un autre membre du gouvernement avait également sollicité les opérateurs économiques russes afin de les inciter à exploiter les ressources minières du pays. Fin novembre, le ministre délégué aux Investissements stratégiques, Pascal Bida Koyagbele, s’était entretenu avec l’ambassadeur russe à Bangui, Alexandre Bikantov, pour discuter des perspectives de développement de l’industrie nationale du diamant.
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L’objectif de cette démarche est de remettre sur pied une filière qui représentait, avant sa suspension en 2013, 40 % des recettes d’exportation et 6,2 % des recettes budgétaires du pays, selon le ministère des Mines et de la Géologie. Le gouvernement indique qu’entre 2011 (dernière année d’activité avant l’embargo) et 2023, le volume de diamants produits et exportés est passé de 375 000 carats à 39 000 carats, tandis que les recettes tirées de ces ventes ont chuté de 80 %, passant de 61,4 millions de dollars (environ 35 milliards FCFA) à 12,27 millions de dollars (près de 7 milliards FCFA).
Le gouvernement entend non seulement compter sur les investissements russes pour relancer la production, mais également industrialiser un secteur encore largement dominé par la pratique artisanale. Selon le ministère, plus de 90 % de l’exploitation du diamant en RCA est assurée par des coopératives locales de mineurs artisanaux (Sodiam, Becdor, etc.). En 2017, le registre des entreprises recensait trois sociétés étrangères dotées d’unités d’extraction. Il s'agit de la chinoise MJM Diamonds, la canadienne Axmin Inc., et la sud-africaine Waldemar Mining. Celles-ci se sont progressivement retirées du pays à la suite de la suspension de la RCA du Processus de Kimberley et des crises sécuritaires successives.
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