Bangui tourne une page de son histoire municipale. Au terme d’un vote particulièrement serré organisé le 17 juin, les conseillers municipaux ont porté Prisca Roseline Mano à la tête de la mairie de la capitale centrafricaine. Née le 1er janvier 1975 à Bangui, la nouvelle édile s’est imposée avec 30 voix contre 29 face à Deya Abazene Portia, à l’issue d’un duel inédit entre deux candidates qui a placé le leadership féminin au cœur de la campagne.
La défaite a été accueillie avec élégance par son adversaire. Dans un message empreint de fair-play politique, Deya Abazene Portia a salué le verdict des urnes et félicité la gagnante. « Je félicite Madame Prisca Roseline Mano pour sa victoire. Nous partageons l’essentiel : l’amour de Bangui et la conviction qu’une femme peut diriger cette ville avec dignité. Que son mandat soit celui de tous nos concitoyens », a-t-elle déclaré. Donnée favorite avant le scrutin, elle voit ainsi s’éloigner son ambition de diriger la plus importante municipalité du pays.
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Les deux candidates appartiennent au Mouvement Cœurs Unis (MCU), la formation politique du président Faustin-Archange Touadéra. Investie comme candidate du parti présidentiel quelques jours avant le vote, Prisca Roseline Mano a finalement réussi à rallier une courte majorité d’élus municipaux. Elle succède à Léontine Weye Bonabona, qui assurait l’intérim depuis le départ d’Émile Gros-Raymond Nakombo en mars dernier. Son élection revêt une portée particulière : elle devient la première maire élue de Bangui depuis 1988, dans un contexte où les autorités centrafricaines affichent leur volonté de relancer la démocratie locale.
Avant de conquérir l’hôtel de ville, Prisca Roseline Mano s’est forgé une réputation dans le monde des affaires. À travers son entreprise TOM, elle a développé des activités dans la fabrication de pavés, la location d’engins de travaux publics et la production audiovisuelle. Elle est notamment à l’origine de la première unité moderne de fabrication de pavés du pays, implantée dans le quatrième arrondissement de Bangui. Cette expérience entrepreneuriale lui a permis de construire une image de femme de terrain, proche des préoccupations quotidiennes des habitants. Au fil des années, elle s’est également illustrée par plusieurs initiatives sociales en faveur des étudiants, des femmes, des établissements scolaires et des familles des forces de défense et de sécurité.
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Durant sa campagne, la nouvelle maire a promis de faire de Bangui une ville plus propre, plus moderne et plus attractive. L’assainissement urbain figure parmi ses priorités, aux côtés de la gestion des déchets, de l’entretien de la voirie, du curage des caniveaux et de la lutte contre les inondations récurrentes qui affectent plusieurs quartiers de la capitale. Elle entend également renforcer les services de proximité et favoriser une plus grande implication des jeunes dans les programmes municipaux. Mais les attentes sont considérables. Outre les défis liés à l’hygiène urbaine, elle devra faire face à la dégradation des infrastructures, à l’insuffisance des équipements collectifs, à la faiblesse des ressources municipales et à la nécessité de restaurer la confiance des citoyens dans l’action publique locale.

