Les perspectives extérieures de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) restent globalement favorables à moyen terme, malgré un léger tassement observé cette année. Selon les dernières données publiées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), les réserves de change de la sous-région, qui pourraient s'élever à 7101,4 milliards de FCFA à fin 2025, marquent en effet un recul par rapport à la même période de 2024.
Cette baisse, qui se traduit par une couverture de 4,59 mois d’importations de biens et services, n’inquiète toutefois pas l’institut d’émission. A l’issue de la troisième session ordinaire du comité de politique monétaire de l’année, tenue hier à Yaoundé, le gouverneur de la BEAC a tenu à rassurer que « la situation n’est pas alarmante » et que cette évolution « reflète principalement des ajustements conjoncturels liés aux flux commerciaux et aux besoins temporaires de financement des États membres ».
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Malgré cette inflexion ponctuelle, les perspectives à moyen terme restent largement positives. Les réserves extérieures devraient en effet reprendre une trajectoire haussière dès 2026 pour s’établir à 7707 milliards Fcfa (4,91 mois de couverture), puis 8372,5 milliards en 2027, avant d’atteindre 9475,9 milliards Fcfa en 2028. Il s’agirait d’une progression de près de 33,44% par rapport à leur niveau de 2025. Sur la même période, le taux de couverture extérieure de la monnaie devrait se situer en moyenne annuelle autour de 79,6 %, après 73,2 % en 2025.
"Cette évolution est à mettre en relation avec la hausse prévisible des investissements directs étrangers dans les secteurs stratégiques (mine, gaz, industrie du bois, etc.) et les tirages publics à l’extérieur pour financer les besoins en infrastructure de base", a expliqué Yvon Sana Bangui.
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Cette évolution anticipée des réserves de change constitue un signal encourageant pour les économies de la CEMAC. Elle renforce non seulement la capacité de la BEAC à défendre la parité du Fcfa face à l’euro, mais aussi la résilience extérieure de la sous-région face aux chocs internationaux. À terme, cette trajectoire ascendante pourrait offrir une marge de manœuvre plus importante aux politiques publiques, améliorer l’attractivité de la zone pour les investisseurs étrangers et consolider la stabilité macroéconomique dans un environnement mondial incertain.
Néanmoins, le gouverneur de la Banque centrale régionale a relevé quelques contraintes qui pourraient compromettre cet objectif notamment "la volatilité des prix des hydrocarbures, dans un contexte géopolitique tendu, ainsi que par la conjoncture économique en Chine, principal débouché des matières premières de la Sous-région".
Jean Omer Eyango










