Depuis le 1er avril 2026, l'usage du cash et des chèques pour le paiement des dépenses publiques est formellement interdit au Tchad. Cette mesure, inscrite dans la loi de finances, vise à sécuriser les deniers publics en réduisant drastiquement le recours fiduciaire au profit de la dématérialisation. Mais pour permettre une transition vers cette réforme, le ministre des Finances, Tahir Hamid Nguilin, a précisé dans un arrêté signé le 31 mars dernier qu’ « une période transitoire de deux mois, allant du 1er avril au 30 mai 2026, est accordée aux ordonnateurs et comptables publics pour l’adaptation complète de leurs procédures internes ». Passé ce délai, le recours au cash sera sanctionné.
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Toutefois, le gouvernement a défini les modalités et les conditions dérogatoires au principe du paiement exclusivement électronique des dépenses publiques, articulées autour de cinq cas de figure majeurs. Premièrement, l'exception s'applique en cas d'« absence de couverture bancaire ou de monnaie électronique », notamment lorsque le bénéficiaire réside ou exerce dans une zone non desservie. Le deuxième cas concerne la force majeure, définie comme une « circonstance exceptionnelle rendant temporairement impossible l'utilisation des moyens de paiement électronique, notamment en raison de catastrophes naturelles, de pannes généralisées de réseaux de télécommunication ou d'électricité, de cyberattaques affectant les systèmes de paiement, ou de toute autre situation présentant les caractères de la force majeure ».
S'y ajoutent, les dépenses de sécurité et de défense, sous réserve d'une autorisation expresse du ministre chargé des Finances. Enfin, les deux dernières dérogations concernent les « indemnités en zone non couverte » ainsi que le cas du « bénéficiaire vulnérable ou sans capacité d'accès », visant toute personne physique qui, par son âge, son handicap ou toute autre circonstance dûment constatée, se trouve dans l'impossibilité absolue d'accéder à un service de paiement électronique et ne dispose d'aucun mandataire.

