Selon le rapport mensuel du marché des valeurs du Trésor publié par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), les investisseurs institutionnels (organismes qui collectent l’épargne des particuliers pour la placer sur les marchés financiers tels que les caisses de retraite, compagnies d’assurance ou sociétés de gestion d’actifs) détiennent 42,8% de l’encours total de la dette publique de la République centrafricaine (RCA), estimée à 281,57 milliards de FCFA à fin février 2025. Ils talonnent de près les Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT), qui conservent une part de 43,1% (soit 121,3 milliards FCFA), mais dont la domination s’effrite. Les établissements de crédit non agréés SVT suivent avec 10,7% (30,19 milliards FCFA), tandis que les investisseurs individuels ferment la marche avec 3,3% (9,32 milliards FCFA).
Cette recomposition progressive du portefeuille d’investisseurs est amorcée depuis 2022. À cette date, les SVT détenaient encore 94,26% des titres publics centrafricains, contre à peine 3,97% pour les investisseurs institutionnels. En l’espace de trois ans, les banques ont cédé près de 51 points de pourcentage de parts de marché, pendant que les OPC en gagnaient près de 39. Cette dynamique illustre une réorientation stratégique des capitaux vers des acteurs institutionnels plus résilients face au risque.
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Malgré les taux d’intérêt attractifs offerts par Bangui, les SVT se montrent prudentes, en raison des fragilités budgétaires persistantes et du contexte sécuritaire encore incertain. Les investisseurs institutionnels, en revanche, souvent plus enclins à investir sur le long terme et à absorber les risques, renforcent leur présence. Leur stratégie vise à diversifier leurs portefeuilles dans la sous-région tout en consolidant leur relation avec l’émetteur public centrafricain.
Bien que la situation sécuritaire s’améliore par endroits, la République centrafricaine reste confrontée à d’importants défis budgétaires. Depuis la suspension des programmes d’appui budgétaire en 2021, le pays peine à répondre à ses besoins de financement sur le marché régional. Malgré les efforts déployés pour rassurer les investisseurs, la perception du risque demeure un frein à un retour massif des bailleurs traditionnels.
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