L’agro-industriel français Castel a entamé des négociations pour acquérir 100% du capital de Carthage Grains, filiale du groupe égyptien Al Mokhtar. L’initiative, annoncée dans un communiqué du Conseil d’administration du 23 juillet 2025 de la Société de fabrication des boissons de Tunisie (SFBT), filiale locale de Castel, s’inscrit dans une stratégie de diversification et de consolidation dans l’agroalimentaire.
À ce stade, les détails financiers de l’offre n’ont pas été dévoilés. Toutefois, l’entreprise ciblée affiche une capitalisation boursière de 3,5 milliards de dinars (environ 1,2 milliard US$). Unique raffinerie tunisienne de graines oléagineuses, Carthage Grains dispose d’une capacité de production de 500 000 tonnes/an d’huiles végétales, soit deux fois le besoin national selon le ministère tunisien de l’Agriculture. Elle exploite également 15 000 hectares de colza et produit 450 000 tonnes de protéines végétales pour l’alimentation animale (orge, maïs et tourteaux de soja).
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Pour mener à bien l’opération, Castel s’est adjoint les services du cabinet de conseil McKinsey & Company, selon Africa Business +. Très présent en Afrique, le cabinet avait récemment appuyé un financement britannique de 2,1 milliards US$ destiné à l’agriculture dans six pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est.
L’acquisition de Carthage Grains, première capitalisation de la Bourse de Tunis, renforcerait l’ancrage de Castel dans un marché où les ventes de boissons connaissent un ralentissement. Depuis janvier 2024, Carthage Grains bénéficie d’une notation BBB, perspective stable, de l’agence nationale PBR Rating. L’entreprise détient 99,8% du marché local des oléagineux et enregistre une croissance moyenne de 2,4% de son chiffre d’affaires depuis 2021. À l’inverse, SFBT affiche des résultats plus volatils, avec un chiffre d’affaires en recul de 3,5% en 2024, à 1,4 milliard de dinars.
À l’échelle du continent, Castel reste l’un des poids lourds de l’agro-industrie. Le groupe français contrôle 85% du marché des boissons en Tunisie et près de 80% au Cameroun et en Côte d’Ivoire. En Afrique centrale et de l’Ouest, il domine également le marché du maïs et du gritz via la Compagnie fermière du Cameroun, confirmant sa volonté de diversifier ses activités agricoles.
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