Une vaste opération coordonnée par INTERPOL, baptisée Serengeti 2.0 et menée de juin à août 2025, a abouti à l’arrestation de 1 209 cybercriminels et à la récupération de 97,4 millions de dollars (environ 58,4 milliards Fcfa). Selon un rapport publié le 22 août par l’organisme international, l’initiative a mobilisé 18 pays africains, dont le Cameroun, l’Angola, Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana, Kenya, Maurice, Nigéria, République démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Afrique du Sud, Seychelles, Tanzanie, Zimbabwe et le Gabon, aux côtés du Royaume-Uni, et visé près de 88 000 victimes. « Cette opération illustre la portée mondiale de la cybercriminalité et le besoin urgent d’une coopération transfrontalière », souligne le document.
L’opération a permis le démantèlement de 11 432 infrastructures malveillantes à travers ces territoires africains. Ces dernières comprenaient notamment des réseaux de rançongiciels (ou ransomware en anglais), un type de logiciel malveillant utilisé par les cybercriminels pour bloquer l’accès aux données ou aux systèmes informatiques d’une victime, des systèmes d’escroquerie en ligne et de compromission d’e-mails professionnels (BEC). Le rapport précise que cette répression a été renforcée par la collaboration de plusieurs partenaires privés tels que Fortinet, Group-IB, Kaspersky et Trend Micro, qui ont fourni renseignements, outils et formations pratiques sur l’analyse des cryptomonnaies et des rançongiciels.
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Les résultats incluent la fermeture de 25 centres de minage de cryptomonnaies en Angola, la saisie de 45 centrales électriques illicites et de matériel informatique évalué à plus de 37 millions de dollars (environ 22,2 milliards Fcfa). Dans ce cas précis, Interpol précise que le gouvernement angolais a réservé ces équipements pour renforcer la distribution d’électricité dans les zones vulnérables. En Zambie, les autorités ont démantelé une fraude à l’investissement en ligne ayant piégé 65 000 victimes pour environ 300 millions de dollars (180 milliards Fcfa). Toujours en Zambie, 372 faux passeports provenant de sept pays dont le Gabon ont été saisis lors d’une opération conjointe avec le ministère de l’Immigration. En Côte d’Ivoire, une escroquerie transnationale à l’héritage a été neutralisée, avec la saisie d’argent liquide, de bijoux, de véhicules et de documents administratifs pour un préjudice estimé à 1,6 million de dollars (près d’1 milliard Fcfa).
Interpol ne précise toutefois pas si les sommes récupérées lors de l’opération, notamment les 97,4 millions de dollars, seront directement restituées aux victimes ou réaffectées par les États concernés. L’organisation met surtout en avant le démantèlement des réseaux criminels et la saisie d’avoirs dans le cadre des procédures judiciaires en cours.
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Cette opération survient alors qu’Interpol alertait déjà en juin 2025 sur une forte recrudescence de la cybercriminalité sur le continent. Dans son rapport d’évaluation des cybermenaces, l’organisation relevait que la cybercriminalité représentait plus de 30 % des crimes signalés en Afrique de l’Ouest et de l’Est, et que 90 % des pays africains déclaraient avoir besoin d’une amélioration significative de leurs capacités de détection, de poursuites et de coopération internationale. Escroqueries en ligne, ransomwares, compromission des e-mails professionnels et sextorsion numérique figuraient parmi les menaces les plus répandues, auxquelles s’ajoutent désormais de nouvelles fraudes pilotées par l’intelligence artificielle.
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