Le ministre camerounais des Finances (Minfi) Louis Paul Motaze, a annoncé le 2 avril 2025, une avancée significative dans le règlement des dettes de l'État envers les enseignants. Dans un communiqué de presse, le membre du gouvernement indique qu'entre mars 2022 et février 2025, l'État a payé des rappels d'avancement de grade, d'échelon et d’intégrations d'un montant total de 206,7 milliards de Fcfa aux enseignants du secondaire et du primaire. À l'en croire, les premiers ont reçu 143,6 milliards de Fcfa sur une dette évaluée à 161,4 milliards FCFA et les seconds, 63,1 milliards de Fcfa sur des impayés de 78,8 milliards. Cela représente environ 86% de la dette estimée à 240,2 milliards de Fcfa par le gouvernement. Il reste cependant une enveloppe de 33,5 milliards de Fcfa à apurer pour que l'État puisse honorer l'intégralité de sa dette envers les enseignants.
«Il reste alors 17,8 milliards FCFA à payer pour le Minesec et 15,7 milliards FCFA pour le Minedub, constitués essentiellement des rappels imputables aux nouvelles mises à jour effectuées en novembre 2023 et septembre 2024, c'est à dire après l'engagement du gouvernement en octobre 2023, à payer tous les rappels liés aux travaux antérieurs», précise le communiqué.
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Face aux députés le 1er décembre 2024 à l’effet de présenter le Programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour l’exercice 2025, le Premier ministre Joseph Dion Ngute indiquait que le gouvernement avait déjà débloqué 164 milliards de Fcfa pour apurer la dette due aux enseignants du Secondaire et du primaire évaluée à cette date à 200 milliards de Fcfa. Sur la foi de cette affirmation, on note un écart de plus de 40 milliards FCFA avec les données révélées par le ministre des Finances. Cet écart, nous explique une source proche du dossier, est dû au fait que « la dette salariale est calculée en fonction des avancements de grade, des échelons et d'autres éléments liés à la carrière des enseignants. Ces éléments peuvent faire l'objet de mises à jour et de réévaluations, ce qui peut entraîner des ajustements du montant total de la dette ».
La même source renseigne que l’entrée en service le 1er janvier 2025 de la nouvelle application informatique de gestion logique des effectifs et de la solde (Aigles) aurait également permis d’assainir le fichier solde. Au cours d’une séance plénière consacrée aux questions orales le 28 mars dernier à l’Assemblée nationale, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), Joseph Le, a révélé que la mise en service de cet outil informatique a détecté 294 498 agents éligibles aux avancements automatiques dont 198 223 ayant bénéficié d’avancements automatiques avec une prise en charge financière immédiate.
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Soulignons que l’état de lieu financier détaillé sur la dette salariale des enseignants est dressé dans un contexte où un Comité interministériel vient d'être formé en vue d' « examiner et proposer des solutions aux préoccupations soulevées par les enseignants », explique Joseph LE, ministre de la Fonction publique. Ceci intervient au moment où les syndicats des enseignants menacent d’engager une nouvelle grève dès le 21 avril 2025, date de reprise des cours du 3e trimestre, déterminant pour les examens de fin d’année. Pour rappel, c’est en février 2022 que les mouvements de revendications des enseignants ont germé autour des collectifs OTS, pour « On a Trop Supporté » ou « On a Trop Souffert ». Ceux-ci réclamaient entre autres : le statut spécial de l’enseignant, la réduction du délai de paiement des avancements, l’automatisation des actes de carrières, le paiement intégral des dettes dans un délai très court, le paiement des avancements, etc.
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En réponse à ces plaintes, le président de la République Paul Biya avait notamment instruit le 9 mars 2022, le paiement du complément salarial, des rappels relatifs au non-logement et de procéder au paiement échelonné des rappels relatifs aux avancements des enseignants. Trois ans après, outre les rappels qu’il reste à éponger, la question de la « signature du statut particulier révisé » reste pendante. Ce statut spécial apprend-t-on, permettrait de revoir à la hausse, l’indice salarial selon les catégories (A2, A1, B2, B1 et C) des enseignants.
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