La Cameroon development corporation (CDC) veut renouveler son matériel agricole et acheter de nouveaux intrants (plantules, urée, chlorine, etc). L’agroindustriel à capitaux publics a lancé un appel d’offres national pour la fourniture desdits produits constitués en 34 lots divergents de par la nature et la qualité du produit, pour un coût total de 2,36 milliards FCFA. Ces achats, financés par le budget 2026 de l'entreprise, sont destinés à sa filière banane et seront livrés sur le site de Tiko, dans la région du Sud-Ouest, selon le document d’appel d’offres daté du le 12 janvier 2026.
L’ambition affichée est de renforcer les capacités de la filière qui se remet peu à peu d’une période d’inactivité causée par la crise sécuritaire dans les régions Nord-Ouest et Sud-Ouest du pays. Absente du fichier des exportateurs de banane entre 2018 et 2020 et affichant des difficultés structurelles, la CDC tente depuis lors de retrouver son niveau d’antan. L’entreprise a franchit la barre des 30 000 tonnes de bananes exportées en 2024 et devrait en sortir plus de 35 000 tonnes durant l’année 2025 (34 511 tonnes à fin novembre 2025, Assobacam). Cependant, ces performances sont encore loin des 80 000 tonnes de banane dessert que l’entreprise sortait en moyenne chaque année.
Soutenue par l’Etat, la CDC est sur la bonne voie pour renouer avec sa dynamique d’avant la crise. En effet, entre restructuration du passif (épuration des arriérés de salaires et des dettes sociales et fiscales) et augmentation du capital, l’intervention du gouvernement (actionnaire unique) a permis à la société de conclure l’année 2024 avec un résultat net bénéficiaire de 45,41 milliards FCFA, le premier exercice positif après cinq années consécutives de pertes.
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De plus, l’agro-industriel camerounais, devrait bientôt percevoir des financements vitaux pour la relance des activités et la modernisation de son outil de production. Les fonds issus de prêts bancaires négociés par l’Etat auprès de la banque londonienne Standard Chartered Bank s’élèvent à environ 51,6 milliards FCFA et sont en partie destinés à la construction de nouvelles usines d’huile de palme, de margarine et de transformation de l’hévéa.
Il convient de souligner tout de même que la reprise progressive des activités de la CDC ne se fait pas sans difficulté. Paralysée par la crise, la société reste confrontée à des défis majeurs notamment la mise hors service de 12 sites sur les 29 exploités, en raison de l’insécurité persistante dans les régions anglophones. Toute chose qui soulève des doutes sur la relance de la production à pleine capacité et fait planer des risques sur les investissements à réaliser. Les attaques perpétrées par des groupes armés ont lourdement affecté la production, avec un manque à gagner estimé à 35 milliards FCFA sur la période 2018-2024.
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