La dette des entreprises et établissements publics camerounais continue de piquer du nez. Selon les données de la Caisse autonome d'amortissement (CAA), elle s'établissait à 960 milliards FCFA (environ 1,7 milliard de dollars) à fin mars 2026, en baisse de 7,9% par rapport à la même période l'année précédente. Cette dette représente 6,2% de la dette publique totale du pays et 2,8% du PIB contre 3,1% du PIB un an plus tôt, signe d'un allègement progressif. Elle se compose pour moitié de dettes contractées à l'étranger (46,1%) et pour l'autre moitié d'engagements sur le marché local (53,9%).
La baisse de la dette des entreprises publiques camerounaises est principalement portée par la Sonara, dont l’encours cumulé -dette extérieure et intérieure confondues- est passé de 625,6 milliards FCFA à fin mars 2025 à 559,1 milliards FCFA un an plus tard, soit une réduction de plus de 66 milliards FCFA sur un an. Dans le détail, la dette extérieure de la raffinerie est revenue de 408,2 milliards FCFA à 365,8 milliards FCFA à fin mars 2026, représentant encore près de 82 % de l’encours extérieur des entreprises publiques, évalué à 447,6 milliards FCFA. Sa dette intérieure a également reculé, passant de 217,4 milliards FCFA à 193,3 milliards FCFA, sous l’effet notamment de la baisse de sa dette bancaire, ramenée de 188,5 milliards FCFA à 164,5 milliards FCFA.
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À l’inverse, les engagements des autres entreprises publiques évoluent peu. Les dettes des Aéroports du Cameroun (ADC), du Port autonome de Douala (PAD) et de Camair-Co restent quasiment stables à respectivement 11,4 milliards FCFA, 8,8 milliards FCFA et 61,8 milliards FCFA.
Rappelons que les installations de la Sonara ont été victimes d’un violent incendie à fin mai 2019, laissant une lourde dette due à ses fournisseurs étrangers et aux banques locales. Pour remettre l’entreprise en pleine activité, le gouvernement a élaboré le Plan d’accélération des mesures de restructuration et de réhabilitation pour la reprise du raffinage sous 24 mois (Parras 24), estimé à 300 milliards FCFA.
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Afin de sécuriser le remboursement de ces engagements vis-à-vis des banques et des traders, l’État a institué un prélèvement de 47,8 FCFA sur chaque litre de carburant vendu à la pompe, un mécanisme de soutien qui a permis de mobiliser479 milliards FCFA au 31 octobre 2025, des fonds cantonnés dans un compte séquestre ouvert à la BEAC ainsi que l'a précisé le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, lors de la présentation de son projet de budget devant l’Assemblée nationale le 29 novembre 2025.
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