Les rendements des obligations du Trésor camerounais ont atteint leur plus haut niveau depuis au moins 2 ans, traduisant un durcissement des conditions d’emprunt sur le marché domestique de la dette publique, malgré une amélioration du cadre macroéconomique domestique. Selon les données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), les taux servis sur les titres publics à moyen et long terme (entre 5 et 15 ans) ont atteint près de 9,98 % en mars 2026, contre environ 7,85 % à 10 ans en mars 2024. Sur les maturités intermédiaires (comprises entre 1 an et 3 ans), la hausse est encore plus marquée. Le rendement à 2 ans est passé de 8,16 % à 9,41 %, tandis que celui à 3 ans a franchi 9,79 %. Ce segment, particulièrement sensible aux anticipations de politique monétaire, enregistre ainsi la plus forte progression.
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À court terme, les taux évoluent peu. Le 3 mois reste quasi stable à 6,31 %, contre 6,29 % deux ans plus tôt, tandis que le 6 mois grimpe légèrement à 7,16 %. Cette progression rapproche désormais le Cameroun des niveaux observés sur les marchés les plus tendus de la sous-région, même si le pays reste en deçà du Congo, où les taux dépassent 11%. À l’inverse, le Gabon affiche une courbe plus atypique, avec des rendements en baisse sur certaines maturités. Cette remontée des taux sur les obligations camerounaises intervient alors que l’inflation est revenue à 2,9 % en février 2026, repassant sous le seuil communautaire de 3 % pour la première fois depuis près de trois ans. En théorie, un tel environnement aurait dû favoriser une baisse des rendements obligataires.
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« Cela signifie que la dynamique des rendements sur le marché des titres publics de la CEMAC répond à d’autres déterminants », explique un intermédiaire financier contacté par EcoMatin. Selon lui, la hausse des coûts d’emprunt du Cameroun s’explique principalement par l’augmentation des besoins de financement des États et la concurrence accrue entre émetteurs sur le marché régional qui entraîne un relèvement de la prime de risque exigée par les investisseurs. Fin février 2026, l’encours des titres publics dans la CEMAC a atteint 9 451,4 milliards de FCFA, en hausse de 26 % sur un an.
La trajectoire des rendements s’inscrit également dans le sillage de la politique monétaire de la BEAC. Le 2 avril 2026, la Banque centrale a maintenu son principal taux directeur (TIAO) à 4,75 %, après un relèvement de 25 points de base en décembre 2025. Le taux de la facilité de prêt marginal reste fixé à 6,25 %, traduisant une orientation monétaire toujours restrictive.
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Si le Cameroun reste perçu comme un émetteur relativement solide dans la sous-région, la hausse des taux sur ses emprunts en monnaie locale devrait contribuer à réduire ses marges budgétaires et renforcer la pression sur la gestion de la dette. Pour les investisseurs, cette situation offre des rendements plus attractifs, en contrepartie d’un niveau de risque accru.











