Sous la présidence d’Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), le Fonds de garantie des dépôts bancaires en Afrique centrale (Fogadac) a entériné, le 17 juillet à Brazzaville (Congo), un bilan comptable particulièrement solide pour le premier semestre 2026. La réserve d'intervention, qui constitue la clé de voûte de la sécurité financière des épargnants de la zone regroupant le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad, culmine désormais à 345,8 milliards de FCFA. En parallèle, le portefeuille global de placements de la structure s'élève à 207 milliards de FCFA.
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Ces actifs financiers hautement stratégiques ont généré une performance remarquable au cours des six premiers mois de l’année. Le Fonds a ainsi matérialisé des produits de l'ordre de 8,38 milliards de FCFA, contre 6,1 milliards de FCFA enregistrés il y a tout juste un an. Cette forte progression renforce les capacités opérationnelles de l'institution. Fort de ces résultats probants, le Comité de Direction a réaffirmé sa détermination à poursuivre sa feuille de route. L'objectif reste d'atteindre une taille cible de 1 000 milliards de francs CFA à l'horizon 2036.
Un vent de réformes sur la gouvernance et le management
Au-delà des performances strictement comptables, cette assise a marqué un tournant institutionnel majeur avec la nomination d'un nouveau top management opérationnel. Le Gabonais Désiré Louzolo Tsoumbou prend officiellement les rênes de l'institution en qualité de Secrétaire Permanent. Pour mener à bien sa mission, il sera secondé par le Camerounais Marcel Ombolo Andela, nommé au poste de Secrétaire Permanent Adjoint. Ce nouveau tandem aura la lourde charge de piloter les chantiers de modernisation du Fonds et de veiller au respect des nouvelles exigences de contrôle interne validées par le Comité.
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Pour accompagner ce renforcement de la gestion du risque, deux mesures structurelles ont été adoptées. La première est la création d'un Comité d'investissement, instance technique dédiée à l'optimisation de la politique d'allocation des ressources financières. La seconde se traduit par la validation d'un nouveau dispositif de délégation des signatures bancaires sur les comptes du Fonds, visant à sécuriser de manière optimale les flux financiers et à garantir une séparation stricte des fonctions managériales.
Mécanisme de financement du Fogadac
Créé en 2009, le Fogadac est l’instrument communautaire majeur dédié à la protection directe des épargnants et à la supervision indirecte du système financier de la Cemac. Son architecture décisionnelle inclusive associe le gouverneur de la Beac, la Commission Bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) et les présidents des associations professionnelles de crédit des six pays membres de la Cemac.
Le modèle économique du Fogadac repose sur un mécanisme de contribution obligatoire des établissements de crédit de la zone. Chaque année, les cotisations sont calculées sur la base des états financiers certifiés ou des déclarations réglementaires au 31 décembre de l’exercice précédent. La formule de calcul intègre une fraction des dépôts collectés à laquelle s’ajoute une portion des créances douteuses nettes de provisions.
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Afin d’assurer l’équité du système, des seuils minimaux de contribution sont fixés par la réglementation. Ces planchers réglementaires s’élèvent à 30 millions de FCFA pour les banques commerciales et à 5 millions de FCFA pour les institutions financières ne collectant pas directement de dépôts. Ce cadre rigoureux garantit au Fogadac la pérennité et la prévisibilité de ses ressources pour stabiliser durablement le marché de la sous-région.
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