La République centrafricaine veut éviter à tout prix une introduction du virus Ebola sur son territoire. Réunis le 9 juin à Bangui sous la présidence du Premier ministre Félix Moloua, les responsables du secteur de la santé ont validé un Plan national de réponse à la menace d'importation du virus Ebola de souche Bundibugyo, dont le coût est estimé à 19 milliards de FCFA.
Bien qu'aucun cas d'Ebola n'ait jamais été officiellement enregistré en Centrafrique depuis l'apparition de la maladie en 1976, les autorités sanitaires jugent le risque réel. Le pays partage une longue frontière avec la République démocratique du Congo, où des cas ont récemment été signalés, tandis que les mouvements de populations et les échanges commerciaux entre les deux pays demeurent soutenus.
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Le plan prévoit notamment le renforcement de la surveillance épidémiologique aux points d'entrée du territoire, le déploiement d'une application numérique de suivi des cas suspects, la formation du personnel de santé ainsi que des campagnes de sensibilisation auprès des populations.
Au-delà de l'enjeu sanitaire, la mobilisation de 19 milliards de FCFA constitue un défi financier majeur pour un pays dont les finances publiques demeurent fortement dépendantes de l'aide extérieure. Les autorités doivent déjà faire face à des besoins croissants dans les secteurs de la santé, de l'éducation et des infrastructures, dans un contexte budgétaire contraint.
Cette nouvelle menace intervient alors que le système de santé centrafricain reste confronté à plusieurs urgences, notamment des épisodes récurrents de rougeole et d'autres maladies à potentiel épidémique. Une éventuelle apparition d'Ebola mettrait sous forte pression des structures hospitalières déjà limitées en personnel, en équipements et en capacités de prise en charge.
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Les autorités centrafricaines soulignent toutefois que le coût de la prévention demeure largement inférieur à celui d'une gestion de crise. Au-delà des pertes humaines, une épidémie d'Ebola pourrait perturber les échanges transfrontaliers, ralentir l'activité économique et décourager les investissements dans un pays encore engagé dans sa reconstruction économique. Pour Bangui, l'enjeu est désormais de mobiliser les financements nécessaires et de convaincre les partenaires techniques et financiers de soutenir ce dispositif préventif avant qu'une éventuelle crise sanitaire ne se matérialise.

