Le Nigeria et le Cameroun ont signé à Yaoundé un nouveau mémorandum d'entente destiné à renforcer leur coopération militaire, avec un accent particulier sur la sécurité maritime dans le golfe de Guinée et le développement de partenariats dans l'industrie de défense. L'accord a été paraphé le 17 juin par le ministre nigérian de la Défense, Christopher Musa, et le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense du Cameroun, Joseph Beti Assomo, au terme de deux jours de consultations entre experts sécuritaires des deux pays. Selon le ministère nigérian de la Défense, le texte établit « un cadre renouvelé de coopération pour la sécurisation des domaines terrestre et maritime le long de la frontière sud entre le Nigeria et le Cameroun » et vise à renforcer une relation de défense qualifiée de « longue date » entre les deux pays.
Golfe de Guinée
Le mémorandum prévoit notamment un renforcement de la coordination opérationnelle, du partage du renseignement, du soutien logistique, des entraînements conjoints et des échanges de personnels militaires. Le ministère nigérian précise que les discussions ont également porté sur « le renforcement des mécanismes de réponse collective aux nouveaux défis sécuritaires ».
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Le principal enjeu se situe toutefois en mer. Dans son communiqué, Abuja souligne « l'importance de rendre opérationnelle la Force opérationnelle maritime conjointe récemment créée », présentée comme une plateforme stratégique destinée à renforcer la sécurité maritime et à protéger les intérêts économiques des deux pays dans le golfe de Guinée. Cette zone demeure essentielle pour les exportations pétrolières régionales et les échanges commerciaux maritimes. Malgré le recul des actes de piraterie ces dernières années, les États riverains continuent de renforcer leurs capacités de surveillance face aux trafics illicites, à la pêche illégale et aux menaces visant les infrastructures énergétiques offshore.
Du matériel militaire au transfert de technologie
Au-delà de la coopération sécuritaire, Abuja a également mis en avant ses ambitions dans le domaine de l'industrie de défense. Christopher Musa a réaffirmé « la volonté du Nigeria d'approfondir sa collaboration dans le domaine des technologies et de l'innovation de défense », tout en soulignant que la faible production locale de matériels militaires demeure l'un des principaux obstacles au développement des capacités de défense africaines. Le responsable nigérian a notamment évoqué les opportunités offertes par la Defence Industries Corporation of Nigeria (DICON), l'entreprise publique chargée du développement de l'industrie militaire du pays. Abuja s'est déclaré ouvert à des partenariats portant sur « la fabrication de matériel de défense, le transfert de technologie, la recherche, l'innovation et le développement des capacités ».
En réponse, Joseph Beti Assomo a exprimé son intérêt pour cette coopération et confirmé, selon le communiqué nigérian, qu'« un cadre de proposition formel était en cours de finalisation » afin de concrétiser des accords bilatéraux dans le domaine des technologies de défense. Cette ouverture traduit la volonté du Nigeria de développer une industrie de défense capable de réduire sa dépendance aux importations d'équipements militaires tout en élargissant son influence sécuritaire au-delà de l'Afrique de l'Ouest. Pour le Cameroun, cette coopération pourrait contribuer au renforcement des capacités de ses forces armées et à la sécurisation de ses infrastructures stratégiques, notamment dans le golfe de Guinée où le pays poursuit le développement de ses activités portuaires et énergétiques autour du complexe de Kribi.
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