Reçu le 4 juin dernier par la ministre congolaise du Commerce, Unicongo, patronat congolais est revenu à la charge sur la question de la régulation des prix. Conduite par son président Michel Djombo, aux côtés du président de la Chambre de commerce, d’industrie, d’agriculture et des métiers de Brazzaville, Paul Obambi, la délégation a plaidé pour la réhabilitation de la mercuriale nationale, un mécanisme destiné à servir de référence dans la fixation des prix des produits sur le marché.
Instaurée au Congo en 1924, la mercuriale a progressivement été abandonnée, contribuant ainsi à l’instabilité des prix et une poussée inflationniste non maîtrisée. De fait, depuis quelques années le commerce national est marqué par de fortes disparités de prix entre les différents segments de l’économie. La Note de conjoncture 2025 du ministère des Finances renseigne qu’à fin 2025, les produits industriels ont connu les évolutions les plus contrastées, avec une envolée de 46,8 % du prix de l’huile raffinée de palme, la plus forte hausse enregistrée dans le panier de consommation suivi par les autorités.
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Dans la même dynamique, les protéines animales continuaient de se renchérir, avec des hausses de 11,2 % pour le poulet industriel, 9,5 % pour le poulet domestique et 8,2 % pour les œufs. Alors qu’à l’inverse, plusieurs denrées alimentaires de base ont subi une forte déflation : la farine de blé a reculé de 20 %, la pomme de terre de 18,5 % et le riz à longs grains de 13,8 %. Les produits agricoles locaux ont suivi la même tendance, avec des baisses de 12,4 % pour la farine de manioc et de 11,6 % pour la pâte fermentée de maïs.
Pour les représentants du secteur privé, cette évolution à plusieurs vitesses traduit un dysfonctionnement durable du marché. D’un côté, les consommateurs subissent le renchérissement de produits essentiels à forte valeur ajoutée ; de l’autre, les producteurs agricoles voient leurs revenus comprimés par la baisse persistante des prix de leurs récoltes. Le patronat estime que la disparition progressive de la mercuriale a laissé le marché sans véritable référence de prix, favorisant les comportements spéculatifs et ouvrant la voie à des marges parfois excessives sur certains produits alors que d’autres sont vendus à des niveaux peu rémunérateurs. En conséquence, la valeur ajoutée du secteur de l’agro-industrie a bondit de 67% en 3 ans contre un repli de 3% pour l’agriculture.
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« Nous souhaitons le retour de la mercuriale. Les prix devaient être affichés pour un commerce équitable. Quand la mercuriale disparaît, la gêne commence », a déclaré Paul Obambi.
A noter que, contrairement au marché des biens, le marché des services est resté remarquablement stable en 2025. Les tarifs du transport urbain, ferroviaire, fluvial, des vols internationaux ainsi que des services de communication n’ont enregistré une variation quasi nulle en glissement annuel. Cette stabilité est attribuée au maintien de tarifs réglementés et à une maîtrise des coûts d’exploitation.










