Une équipe du Fonds monétaire international (Fmi) coordonnée par l’économiste camerounais Albert Touna Mama rentre de Bangui où elle venait de passer 10 jours à discuter avec les autorités centrafricaines des conditions des 3e et 4e revues des accords au titre de la facilité élargie de crédit (FEC). C’est la deuxième mission du genre à séjourner dans la capitale centrafricaine depuis le début de l’année, après celle de janvier dernier. Le gouvernement centrafricain a réalisé quelques avancées dans certains domaines où le FMI le presse depuis septembre 2024 d’opérer des réformes, notamment en termes de digitalisation accélérée de la gestion des finances publiques, grâce à l’adoption du système intégré d’information financière à la direction générale du trésor et dans les ministères sectoriels, y compris pour les dépenses par procédures dérogatoires.
Les autorités ont effectivement poursuivi les efforts d’innovation dans ce domaine et, depuis environ deux semaines, le pays a basculé officiellement vers une utilisation généralisée du système de déclaration électronique de la direction générale des impôts et des domaines (e-Tax), après les douanes en 2024. Cette innovation vise à réduire les détournements et augmenter parallèlement par les recettes de l’Etat. Mais, le gouvernement n’a pas réalisé de progrès en ce qui concerne la réforme du marché des carburants, question qui complexifie les discussions avec le Fmi. Outre le sujet lié à la révision de la fiscalité pétrolière dont la contribution au budget de l’Etat s’est effondrée passant d’environ 20-25% en 2020-2021 à 9% en 2024 selon l’institution de Bretton Woods, c’est-à-dire, à rebours des recommandations de celles-ci, la RCA n’est pas parvenue importer ses carburants via le fleuve Oubangui depuis le Congo voisin afin de réduire les coûts d’importation des carburants. Elle continue d’importer l’ensemble de ses produits pétroliers via le Cameroun, ce qui rend impossible toute véritable baisse des prix à la pompe.
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L’autre sujet de discorde entre l’institution financière internationale et les autorités centrafricaines c’est la levée du monopole d’importation des carburants détenu par le marqueteur Neptune Oil S.A, exigée par le Fmi. Les autorités centrafricaines refusent depuis plusieurs mois de revenir sur ce choix qui, d’après elles, a été fait de manière souveraine dans le but de mieux contrôler le marché des carburants en limitant la contrebande. La presse présidentielle rapporte que lors du passage de la délégation du Fmi à la présidence de la République, le 28 mars, le président Faustin Archange Touadera a exhorté le ministre des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, à veiller au respect des exigences de l’institution de Bretton Woods avant la tenue de la session du conseil d’administration attendue en mai prochain, afin de garantir le bon déroulement des prochaines étapes du programme d’appui financier que la Centrafrique met en œuvre avec elle. Seule cette instance est habilitée à décider ou non d’accorder de nouveaux financements à la RCA, ou simplement de suspendre la FEC.
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Le gouvernement centrafricain semble en tout cas de mettre toutes les chances de son côté. Mais, ira-t-il jusqu’à céder sur la question du monopole après ce qui semble être une mission de la dernière chance avant le rendez-vous crucial de mai ? Il est à noter qu’à part la levée de ce monopole, le Fmi a recommandé un audit des coûts d’approvisionnement en carburant, déterminant pour la réforme des structures de prix en vue d’améliorer la fiscalité pétrolière et d’envisager une baisse des prix à la pompe. L’Assemblée nationale centrafricaine, lors de sa dernière session, s’est mêlée au débat en faisant part au ministre des Finances et du Budget de ses vivres préoccupations relativement à ce programme. L’auguste chambre considère en effet que le Fmi étant le chef de fil de tous les partenaires techniques et financiers, la suspension de la facilité élargie de crédit aurait de ce fait pour conséquence le gel des appuis budgétaires attendus de tous les autres partenaires, avec un impact non négligeable sur la situation de la trésorerie du pays.
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