En Guinée équatoriale, le gouvernement a ouvert une brèche à la technologie de fourniture d'internet par satellite Starlink, de la société SpaceX, dans le cadre des opérations pétrolières offshore des compagnies américaines. L'autorisation, qualifiée de « temporaire », a été officialisée le 28 juillet à Malabo, lors d'une cérémonie présidée par le vice-président de la République, Nguema Obiang Mangue. Le document a été signé par le ministre des Télécommunications, Honorato Evita Oma, puis remis à son homologue des Hydrocarbures, Antonio Oburu Ondo. « Cette mesure permettra aux entreprises américaines d'utiliser la technologie Starlink uniquement dans leurs opérations offshore développées dans les eaux juridictionnelles du pays », précise la note officielle.
Cette dérogation cible exclusivement le secteur maritime. Elle vise à pallier les limites physiques des réseaux terrestres conventionnels, inadaptés pour couvrir des plateformes isolées en haute mer. L'usage de Starlink demeure toutefois prohibé sur le territoire national pour les ménages et les services publics.
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Concrètement, la décision intervient dans une phase de contraction de l'industrie pétrolière équato-guinéenne, dont la production nationale a reculé à environ 44 000 barils par jour (b/j) en juin selon l'Opep, contre plus de 50 000 b/j en début d'année — une baisse imputable au vieillissement des champs matures et au manque de nouveaux actifs. S'y ajoute la dégradation des services télécoms locaux, qui a conduit les autorités à annoncer, le 26 juin, la création de l'opérateur public Telgesa.
Sur le terrain, cette autorisation technique s'applique aux sociétés américaines assurant l'essentiel de la production offshore, dont les installations requièrent un débit stable pour le transfert de données industrielles malgré leur éloignement. Dans le détail, la major Chevron y pilote des projets gaziers et pétroliers, incluant l'unité de monétisation d'Aseng et les contrats de partage de production sur les blocs EG-06 et EG-11, situés en eaux profondes à plusieurs dizaines de kilomètres au large. Autre acteur majeur, ConocoPhillips — repreneur des actifs de Marathon Oil en 2024 — opère le terminal EG LNG (capacité de 3,7 millions de tonnes par an et stockage de 270 000 mètres cubes), approvisionné par les champs d'Alba et d'Alen, situés à environ 32 kilomètres des côtes de l'île de Bioko. D'autres opérateurs américains maintiennent des actifs distants, tels que Vaalco Energy sur le bloc P, ou Kosmos Energy, partenaire de Trident Energy pour les forages sur les blocs Okume et Ceiba.
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À l'échelle macroéconomique, cette décision permet au plus petit producteur de l'Opep, dont l'économie dépend à plus de 70 % des hydrocarbures, d'accompagner techniquement ses opérateurs américains après le désengagement récent de majors comme ExxonMobil. Elle prépare également l'environnement technique de futurs actifs lointains, à l'instar du méga-projet gazier transfrontalier Yoyo-Yolanda partagé avec le Cameroun (réserves évaluées à 2,5 milliards de pieds cubes.
Enfin, bien que strictement circonscrite à l'offshore pétrolier, cette ouverture marque l'entrée officielle de Starlink dans un troisième marché de la zone CEMAC, après le Tchad et la République centrafricaine.
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