La Guinée équatoriale se prépare à se doter d'un Compte unique du Trésor (CUT) d'ici le premier trimestre 2027. Ce projet a été examiné le 5 août 2026, au cours d'une séance de travail présidée par le Premier ministre, Manuel Osa Nsue. Selon les propos du chef du gouvernement rapportés par le portail web institutionnel, ce mécanisme permettra de gérer l'ensemble des recettes publiques à partir d'une structure financière unique, évitant ainsi la dispersion des fonds sur plusieurs comptes bancaires et renforçant le contrôle des ressources publiques. « Sa mise en œuvre représente une réforme d'une grande importance pour l'administration publique, car elle permet une vision complète et en temps réel de la liquidité des caisses de l'État, améliore la planification des paiements, réduit les coûts financiers, évite l'immobilisation inutile des ressources et renforce la discipline budgétaire », a souligné le Premier ministre, selon le portail web gouvernemental.
Détournements
Cette centralisation de la gestion des fonds intervient alors que la Guinée équatoriale est secouée, ces dernières années, par des scandales financiers. En juillet 2025, par exemple, le vice-président de la Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangue, dénonçait des détournements enregistrés sur 18 mois, estimés à 1,1 milliard de FCFA, dont à peine 20 millions de FCFA officiellement comptabilisés par la douane. Face à cette fraude, le gouvernement a décidé d'interdire les paiements en espèces aux terminaux douaniers. Désormais, tous les paiements devront s'effectuer via des agences bancaires automatisées, à implanter dans les installations douanières, en partenariat avec les banques commerciales.
Par ailleurs, l'Institut de sécurité sociale (Inseso), l'organisme public chargé de la sécurité sociale des travailleurs, est accusé de « défaillances de contrôle » et d'« utilisation opaque des ressources publiques ». Un audit mené par le cabinet international Deloitte, portant sur l'exercice 2025, met en lumière des dépenses injustifiées d'un montant global de 7,47 milliards de FCFA. La compagnie pétrolière nationale, Gepetrol, est elle aussi secouée par des soupçons de détournements de fonds.
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Selon les résultats d'une enquête préliminaire présentée en avril dernier, « les autorités ont demandé la construction de quatre stations-service pour un budget de 5 milliards de FCFA. Les registres de l'entreprise font état du décaissement des fonds ; cependant, seules deux stations ont été construites et seulement la moitié du paiement a été effectuée. L'autre moitié de la somme reste introuvable ».
À ce jour, le gouvernement équatoguinéen relève des avancées dans la mise en œuvre du Compte unique du Trésor, notamment le recensement général de tous les comptes bancaires appartenant à l'État, destiné à évaluer avec précision la situation financière de l'administration publique et à faciliter la future centralisation des ressources. Les travaux sont également en cours pour structurer le nouveau modèle de gestion financière, en intégrant deux outils utilisés par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), à savoir AMS/X et SINTAG. Ces deux plateformes seront interconnectées avec l'écosystème des finances publiques au sein du Trésor public.
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Pour rappel, le Compte unique du Trésor ne sera pas une exclusivité pour la Guinée équatoriale. Au Cameroun, ce dispositif a été mis en place dès 2007. Près de deux décennies après, il n'est pas exempt de tout reproche. Lors d'une table ronde sur la gestion des ordures ménagères, en mai 2025, les acteurs de cette chaîne de traitement ont plaidé pour un compte dédié au financement de ce service social. Ces derniers déploraient que les fonds concentrés au sein du Compte unique du Trésor soient désormais débloqués en fonction des priorités ou des urgences, telles que la crise sécuritaire, privant ainsi les élus locaux de la possibilité de bénéficier des ressources en temps voulu.
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