Au Gabon, une rupture de pipeline transportant du pétrole brut a provoqué, mardi 24 février, une pollution localisée au quartier Côte d’Azur, dans le 1er arrondissement de Port-Gentil, la deuxième ville du pays en termes de population. L’alerte a été donnée par un riverain après que le brut a envahi plusieurs habitations. Les sapeurs-pompiers et le maire, Pascal Houangni Ambouroue, sont rapidement intervenus. « La situation est maîtrisée, la fuite a été identifiée et le site balisé », ont indiqué les autorités locales, alors que le pétrole s’est répandu dans plusieurs cours.
Selon des sources locales, l’incident technique s’est produit sur une conduite souterraine exploitée par TotalEnergies EP Gabon, à proximité immédiate des habitations. D’abord attribuée à tort à Perenco, la fuite serait liée à la fragilité d’un réseau enfoui à faible profondeur, dont la rupture a entraîné la remontée du brut à la surface. L’opérateur a engagé des travaux pour contenir l’écoulement et procédé à l’évacuation temporaire des riverains, avec une surveillance nocturne des équipes techniques avant le lancement des réparations mercredi 25 février. La compagnie s’est également engagée, selon les mêmes sources, à prendre en charge les populations affectées.
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Pour l’opérateur, cet incident intervient dans un contexte de vigilance accrue autour des activités du groupe. Déjà critiquée par des ONG pour certains projets en Afrique de l’Est, notamment au Mozambique, en Tanzanie et en Ouganda, et des poursuites judiciaires à Paris, la major pétrolière voit sa gestion environnementale de nouveau scrutée au Gabon. Au-delà des coûts de dépollution et d’indemnisation, l’événement pourrait affecter son image et raviver le débat sur la vétusté des infrastructures pétrolières en zone urbaine, ainsi que sur le contrôle exercé par les autorités de régulation.
Acteur clé du secteur énergétique gabonais, TotalEnergies EP Gabon occupait en 2022, le deuxième rang des producteurs du pays derrière Perenco, avec une production opérée de 17,54 millions de barils, soit environ 25 % de la production nationale. La société exploite notamment les permis onshore et en eaux peu profonde de Grand Anguille Marine, d’Île Mandji et de Torpille, produisant du brut de qualité Mandji et Rabi Light. Sur le plan fiscal, elle figure parmi les principaux contributeurs aux recettes de l’État gabonais, à travers l’impôt sur les sociétés et diverses redevances. Selon les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), l’entreprise s’acquitte également de ses obligations au titre du Fonds de réhabilitation des sites, dans un contexte où la transparence des flux de transport d’hydrocarbures et la gestion des installations vieillissantes restent des enjeux majeurs.
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