La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) envisage de diversifier une partie de ses réserves de change en yuan chinois, une évolution qui marquerait un tournant dans la gestion des actifs extérieurs de la banque centrale, alors que la Chine s'impose comme le premier partenaire commercial de la CEMAC.
Lors d'une rencontre vendredi à Yaoundé avec une délégation de Huawei Digital Finance, conduite par Fernando Liu, président de sa division Banques centrales, le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a estimé que la région devait « capter et sécuriser les flux financiers issus des échanges commerciaux de plus en plus denses avec la Chine » et atteindre « un objectif de traçabilité totale des transactions financières entre la CEMAC et le partenaire chinois », selon un communiqué publié par l'institution.
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Les discussions ont également porté sur « l'opportunité stratégique d'une diversification des réserves de change de la BEAC à travers l'intégration du yuan chinois », une option qui permettrait, selon la banque centrale, de réduire les coûts liés aux multiples conversions entre le franc CFA, l'euro, le dollar et la monnaie chinoise lors des échanges commerciaux avec Pékin.
Cette orientation s'inscrit dans un contexte de renforcement progressif de la position extérieure de la CEMAC. Après plusieurs années marquées par des tensions sur les devises, la BEAC disposait de 7 248 milliards de FCFA de réserves de change à fin avril 2026, malgré un léger recul de 1,6 % sur un an. L'institution anticipe un rebond à 7 962 milliards de FCFA d'ici à la fin de l'année, soit l'équivalent de 4,72 mois d'importations, contre 4,12 mois en 2025. Ces réserves, qui constituent le principal rempart protégeant la stabilité extérieure du franc CFA, sont aujourd'hui gérées dans le cadre du régime de change arrimé à l'euro.
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Le rapport de politique monétaire de la BEAC ne détaille toutefois pas leur ventilation par devise. Au-delà de la question des réserves, la banque centrale entend également renforcer la traçabilité des paiements entre la CEMAC et la Chine afin de mieux contrôler les flux transfrontaliers, lutter contre les circuits informels et améliorer le rapatriement des devises issues du commerce extérieur. « L'adoption du yuan comme monnaie de réserve offre un argument économique majeur », souligne le communiqué, en permettant de supprimer les coûts de triple conversion monétaire qui pèsent aujourd'hui sur les échanges sino-africains.
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Pour donner une suite institutionnelle à ces discussions, une visite officielle du gouverneur de la BEAC auprès de son homologue de la Banque populaire de Chine est annoncée afin d'explorer une coopération portant notamment sur les mécanismes de compensation, la gestion des réserves de change et la modernisation des infrastructures financières de la CEMAC.

