Au Cameroun, 64 756 litres de produits pétroliers ont été saisis au cours des six premiers mois de 2026, selon une compilation réalisée par EcoMatin à partir des communiqués du ministère de l'Eau et de l'Énergie (Minee), incluant une récente opération achevée le 26 juin. Ce volume est en hausse de 73,7 % par rapport aux 37 285 litres saisis à la même période en 2025. « La détermination du Minee à intensifier la lutte contre la fraude reste inébranlable », affirme le ministère. Les opérations se concentrent principalement sur le corridor Douala-Yaoundé, axe stratégique d'approvisionnement des marchés camerounais ainsi que du Tchad et de la République centrafricaine.
Concrètement, de janvier à juin 2026, dix opérations menées par les inspecteurs assermentés du ministère, appuyés par les Forces de maintien de l’ordre (FMO), ont ciblé le gasoil, l'essence (super) et le pétrole lampant. Les saisies se sont concentrées dans les régions du Centre et le Littoral, respectivement à Yaoundé, Boumnyebel, Mbankomo, Douala, Melong, Mbanga et Edéa. Dans le détail, les modes de stockage illicites débusqués par les autorités varient entre la dissimulation en « pseudo quincaillerie » et des cargaisons en transit dans des camions non certifiés. En comparaison, sur le premier semestre 2025, le ministère avait conduit neuf opérations. La différence est significative : le premier semestre 2026 enregistre un surplus de 27 471 litres de carburant pour un nombre d'opérations quasi identique, illustrant une concentration plus forte de produits par intervention.
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La tendance est davantage frappante et alarmante sur une base annuelle. Le volume saisi en seulement six mois en 2026 (64 756 litres) atteint presque le total annuel de 2025 (65 440 litres), année durant laquelle 17 opérations avaient été recensées.
Cette recrudescence des saisies de produits pétroliers intervient dans un contexte de durcissement réglementaire. Depuis le 11 août 2025, une circulaire limite la vente de pétrole lampant à 10 litres par usager en station-service, contre 100 litres auparavant, afin de contrer les détournements de produits subventionnés par les industriels. Pour l’État, ce trafic pourrait se traduire par le manque à gagner fiscal, tandis que les consommateurs s'exposent à des risques accrus d'incendies et de dommages mécaniques liés à la qualité douteuse des produits frelatés.
L'augmentation des volumes saisis ne traduit pas seulement l'ampleur du trafic. Elle témoigne également d'une intensification des contrôles opérés par le Minee, dans un contexte où l'approvisionnement du marché camerounais demeure fortement dépendant des importations de carburants raffinés.
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