La loi de finances 2026 de l’État du Cameroun, qui vient d’être validée par le Parlement et devrait être promulguée par le Président de la République, renforce les avantages fiscaux accordés aux entreprises qui emploient les jeunes diplômés. En effet, l’article 105 du Code général des impôts, institué en 2017, avait mis en place une exemption des charges fiscales et patronales (hors charges sociales) pour les entreprises du régime du réel recrutant un jeune Camerounais de moins de 35 ans dans le cadre d’un premier emploi ou d’un stage pré-emploi.
À partir de 2026, le code général des impôts devrait élargir les bénéficiaires de ce dispositif. Aux recrutements en CDI, CDD ou stage pré-emploi, s’ajoutent désormais les « contrats d’alternance professionnelle ». Il s’agit de contrats qui permettent à un jeune d’alterner des périodes de formation théorique et de pratique en entreprise. Toute entreprise relevant du régime du réel ou membre d’un Centre de gestion agréé (CGA) pourra donc bénéficier des exonérations sus évoqués sur une durée de trois ans, à compter de la signature du contrat ou de l’admission en stage ou en alternance.
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Ensuite, le nouveau texte introduit un crédit d’impôt équivalant à 20 % des dépenses engagées par l’entreprise pour la formation, l’encadrement ou l’insertion professionnelle des jeunes concernés. Ce crédit vient en déduction de l’impôt. En gros, l’État rembourse en partie l'effort d’investissement de l’entreprise dans l'intégration des jeunes.
La loi de finances crée en parallèle un nouvel article 105 bis, qui étend l’incitation fiscale aux particuliers. « Les personnes physiques fiscalement domiciliées au Cameroun bénéficient d’un crédit d’impôt au titre des dons en numéraire ou en nature effectués au profit des structures agréées de formation, d’encadrement ou d’insertion des jeunes âgés de moins de trente-cinq (35) ans », peut-on lire. Le montant pris en compte est plafonné à 25 millions de FCFA par an et vient en déduction de l’impôt sur le revenu.
Avec cette réforme, le gouvernement entend mobiliser davantage les entreprises et les acteurs privés dans l’effort d’insertion professionnelle des jeunes diplômés, dans un pays où la jeunesse représente près de 60 % de la population active mais fait face à un déficit chronique d’emplois. Lors de sa prestation de serment le 6 novembre dernier, Paul Biya avait d’ailleurs affirmé que la situation des jeunes et des femmes constituerait une priorité de son septennat. Dans cette logique, et en complément des exonérations fiscales renforcées par l’article 105, la loi de finances 2026 crée également un Fonds spécial de 50 milliards FCFA destiné à soutenir « l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi des jeunes ».
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