Le Secrétariat permanent du Processus de Kimberley (SPK) au Cameroun prépare une vente aux enchères publique portant sur un lot de 16 à 20 diamants bruts saisis dans des circuits de contrebande. L'annonce a été faite le 11 juin 2026 à Yaoundé par le coordonnateur national de l'institution, Jeff Bamendjo, à l'occasion de la deuxième édition du forum minier africain Baraza Mining, organisé sous le patronage du ministère des Mines.
« Conformément au décret du 11 novembre 2011 portant création du SPK, les diamants saisis ont vocation à être vendus aux enchères. Nous avons déjà engagé la procédure pour ce stock et les recettes seront intégralement reversées au Trésor public », a déclaré le responsable, sans préciser le volume total en carats ni la valeur estimée du lot concerné.
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Cette opération, qui serait la première du genre au Cameroun depuis une quinzaine d'années, concerne des pierres provenant de deux sources distinctes. Une partie du stock est issue des saisies effectuées par les services des douanes camerounaises, notamment dans les aéroports. L'autre provient de cargaisons interceptées à l'étranger puis restituées aux autorités camerounaises par des pays partenaires. Selon le SPK, les Émirats arabes unis, via la place diamantaire de Dubaï, figurent parmi les principaux pays procédant à la restitution des diamants camerounais saisis. D'autres juridictions appliquent toutefois des procédures différentes, allant de la destruction des pierres à leur liquidation sur place.
Les diamants concernés ne pourront cependant pas être réintroduits dans les circuits internationaux du commerce légal. En vertu des règles de traçabilité du Processus de Kimberley, les pierres saisies sont exclues du système international de certification destiné à lutter contre le commerce des « diamants de conflit ».
Production en forte hausse
Cette vente intervient dans un contexte de progression rapide de la production nationale de diamants, concentrée principalement dans la région de l'Est, à proximité de la frontière centrafricaine. Selon les données du secteur, la production déclarée a atteint 15 382,37 carats en 2025, contre 6 220,17 carats un an plus tôt, soit une hausse de 147,3 %.
Pour renforcer la traçabilité de la filière et limiter les flux illicites dans la sous-région, le Processus de Kimberley indique avoir délivré plus d'une centaine de certificats de conformité à des acheteurs agréés depuis sa mise en place au Cameroun.
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