Le gouvernement congolais et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) ont lancé, le 4 août à Pointe-Noire, le Programme national de développement des produits forestiers non ligneux (PFNL). Doté de 24,9 millions de dollars (14,4 milliards de FCFA) et financé à 70 % par le Pnud et 30 % par l'État, ce projet est déployé sur huit ans dans les départements de la Cuvette, la Sangha, la Cuvette-Ouest, des Plateaux, du Pool, du Niari et du Kouilou. Pour la représentante résidente du Pnud au Congo, Adama-Dian Barry, bien que ces produits « représentent la consommation journalière d'au moins six millions de Congolais », leurs filières « restent confrontées à des difficultés d'organisation, de transformation, de certification, de financement et d'accès aux marchés ».
La structuration portera sur les chaînes de valeur du miel, du poivre noir, des huiles essentielles, des champignons, du bambou, des chenilles, des asperges, du nietou, du saka-saka et du matembélé. Ce développement intervient pour compenser le ralentissement de l'exploitation classique sur un domaine forestier couvrant 22,5 millions d'hectares (65 % du territoire). Selon la Direction générale de l'économie, l'année 2025 a enregistré une contraction de la production de grumes (-2,8 %), des exportations de bois brut (-9,6 %) et du bois transformé (-14,9 %), imputable à la baisse de la demande mondiale et aux carences en infrastructures et équipements industriels. Le programme s'appuiera sur la création d'un label « Produit forestier non ligneux du Congo » pour faciliter l'accès aux marchés extérieurs.
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Sur le plan microéconomique, le projet intégrera directement 2 300 membres des communautés locales et autochtones, avec des quotas fixés à 50 % de jeunes, 30 % de femmes et 20 % de personnes vulnérables. Sur le plan macroéconomique, la formalisation de ces activités doit accroître les recettes fiscales et le poids de la sylviculture dans l'économie nationale. Selon Éric Kinkonda Koubemba, directeur du Centre de valorisation des produits forestiers non ligneux, l'objectif chiffré est de doubler le rendement du secteur en portant la contribution de l'économie forestière de 5,6 % à 10 % du Produit intérieur brut (PIB) congolais.
Cette initiative s'inscrit dans un impératif de réduction de la dépendance aux hydrocarbures, qui génèrent en moyenne plus de 60 % des recettes publiques sur la période 2020-2024, comme le rappelle la Banque africaine de développement (BAD) dans son rapport 2026. La valorisation des PFNL vise à anticiper la baisse de la demande pétrolière liée à la transition énergétique, tout en structurant un secteur historiquement non comptabilisé. Une étude de l'OIBT et de l'UICN en 2006-2007 soulignait déjà l'absence de statistiques de production et la domination totale de l'économie informelle ; le défi de ce nouveau financement est d'achever cette transition vers un marché réglementé et créateur de valeur ajoutée.
Par Inès Marie Nga (stagiaire)
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