Au Congo, l'entrée en production du gisement de potasse de Mboukoumassi, situé dans le département du Kouilou, sur la façade maritime au sud-ouest de Pointe-Noire, est désormais attendue au premier trimestre 2027. Cette nouvelle échéance a été annoncée le 7 juillet à Paris par le ministre des Mines, Urbain Fiacre Opo, lors de la conférence Mining on Top Africa. « L'usine est en construction et, selon leur calendrier, il y aura les premiers essais d'ici fin 2026. Ils pourront confirmer leur entrée en production au premier trimestre 2027 », a déclaré le ministre.
Cette mise en service, si elle est respectée, marquera le retour du Congo sur le marché de la potasse près de cinquante ans après l'arrêt de cette activité en 1977. Elle intervient toutefois avec deux années de retard par rapport au calendrier initial. Lors du lancement des travaux de construction de la mine, en juin 2023, la société Luyuan Mines Congo, filiale du groupe chinois Shenzhen Luyuan Mining et détentrice du permis d'exploitation, visait une première production dès 2025, une échéance reprise dans le dernier rapport de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Ni le gouvernement ni l'opérateur n'ont expliqué les raisons de ce décalage.
Le projet de Mboukoumassi est développé sur un périmètre de 242 kilomètres carrés dans le cadre d'une convention minière signée en 2018 puis approuvée par le Parlement en 2021. Selon les données de l'ITIE, le gisement renferme 3,2 milliards de tonnes de ressources géologiques, dont 242,5 millions de tonnes de réserves extractibles. La première phase prévoit une production annuelle de 600 000 tonnes de chlorure de potassium, avant une montée en puissance à 2 millions de tonnes.
Lire aussi : Kore Potash cherche un repreneur ou des financements pour sauver son projet Kola au Congo
Les infrastructures d'exportation progressent également. En septembre 2025, les autorités ont accordé une concession de 577 hectares sur le domaine maritime public afin d'y construire un terminal minéralier dédié aux expéditions du minerai.
Pour Brazzaville, Mboukoumassi constitue l'un des piliers de la stratégie de diversification économique engagée afin de réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures. Premier producteur de pétrole de la CEMAC avec plus de 300 000 barils par jour, le Congo tire encore plus de 70 % de ses recettes d'exportation de l'or noir. La potasse, composant essentiel des engrais agricoles, représente ainsi une nouvelle source potentielle de devises dans un marché mondial largement dominé par le Canada, la Russie, la Biélorussie et la Chine.
Mboukoumassi s'inscrit par ailleurs dans une dynamique plus large de développement du bassin potassique côtier congolais. Le projet Kola, porté par Kore Potash et PowerChina, vise une capacité annuelle de 2,2 millions de tonnes, tandis que Dangote Fertilizer Limited Congo a obtenu en juin 2026 un permis d'exploitation pour le projet Mengo. Au Gabon voisin, Millennial Potash poursuit également le développement du gisement de Banio, confirmant l'intérêt croissant des investisseurs pour les ressources potassiques d'Afrique centrale.
Lire aussi : Millennial Potash lève 5,6 milliards FCFA pour son projet de potasse au Gabon

