Au Tchad, le gouvernement annonce la relance du cadastre minier numérique, un système informatisé destiné à recenser, cartographier et sécuriser les permis d’exploration et d’exploitation ainsi que les réserves géologiques du pays. L’annonce a été faite le 17 septembre, par Khadidja Hassane Abdoulaye, Secrétaire d’État au Pétrole, aux Mines et à la Géologie (MPMG), lors d’un point de presse. « Le lancement et l’opérationnalisation de cet outil, prévu ce vendredi 19 septembre 2025 à N’Djamena, constitue une avancée significative dans notre volonté de moderniser et de sécuriser la gestion des ressources minières du pays », a-t-elle souligné.
Cette relance intervient après un premier lancement officiel en mars 2023, fruit du soutien du Programme des nations unies pour le développement (PNUD), mais dont la mise en œuvre complète a été entravée par des obstacles. « A titre de rappel, le projet du cadastre minier a été lancé, courant 2019 avec l’appui technique et financier du PNUD, puis contribué à son lancement officiel le 1er mars 2023. Cependant 2 ans plus tard (…) il peine à être pleinement opérationnel pour des raisons d’ordre technique et juridiques. », explique le membre du gouvernement. « Dans le cadre de l’assainissement du secteur minier, le cadastre minier a fait l’objet des réformes juridiques et techniques en vue de le rendre opérationnel d’une part et de fournir aux partenaires ainsi qu’aux investisseurs potentiels une base de données des gisements et des informations géologiques susceptibles de déterminer leurs projets d’investissement. ».
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Le Tchad possède de nombreuses ressources minières, certaines déjà exploitées, d’autres encore inexploitées. Le natron, extrait autour du lac Tchad et dans le Borkou, est utilisé pour fabriquer du savon et pour des usages domestiques ou médicinaux. L’or est aussi exploité à petite échelle dans plusieurs régions, dont le Mayo Kebbi, le Tibesti, l’Ouaddaï, le Guéra, le Borkou et le Batha. Ces activités alimentent les exportations, mais une grande partie échappe au contrôle de l’État à cause du commerce informel.
Le pétrole, exploité depuis 2003, reste toutefois la principale ressource du pays et représente l’essentiel des recettes d’exportation. En revanche, des minerais comme la bauxite, l’uranium, le cuivre, le tungstène, le kaolin, le titane, l’argent ou encore les diamants alluviaux, bien que présents dans plusieurs régions, ne sont pas encore valorisés, faute d’investissements suffisants et d’un cadre attractif. Enfin, les matériaux de construction comme le calcaire, l’argile ou le sable sont produits, mais de façon encore artisanale.
Dans le cadre du plan national « Tchad Connexion 2030 », le secteur minier hors pétrole doit devenir un levier de diversification de l’économie. Aujourd’hui, il ne représente qu’une faible part du PIB, estimée entre 1 et 2 %, mais les autorités visent une contribution d’au moins 5 % d’ici 2030. Le cadastre minier numérique apparaît dès lors comme une pièce maîtresse de cette ambition, car il peut améliorer la visibilité du potentiel national auprès des investisseurs et consolider la gouvernance du secteur.












