En Guinée équatoriale, le gouvernement prépare une réunion de crise pour déterminer les causes de la pénurie de carburant qui frappe le pays depuis plus d’une semaine. Sur le réseau social X (ex-Twitter), le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue a annoncé dimanche la convocation des opérateurs du secteur pétrolier aval. « La pénurie de carburant que notre pays connaît ces derniers jours doit avoir une solution stable et définitive. Par conséquent, pendant la semaine prochaine, je tiendrai une réunion de crise avec toutes les entreprises privées vendant du carburant dans le pays », a-t-il déclaré, en précisant que l'objectif est de comprendre les origines de ce déficit et de garantir des solutions préventives.
Cette annonce intervient trois jours après une première rencontre d'urgence initiée le 16 juillet par le Premier ministre, Manuel Osa Nsue Nsua. Face à une crise initialement perçue comme spéculative, le chef du gouvernement a réuni les principaux distributeurs — TotalEnergies, Tradex et la société nationale Gepetrol — pour exhorter au rétablissement immédiat de l'approvisionnement à Malabo, à Bata et dans le secteur stratégique du transport aérien. À l'issue de cette concertation, l'exécutif et les pétroliers ont convenu d'activer un mécanisme de surveillance permanent et de présenter des plans d'action dédiés à la normalisation progressive de la distribution.
Sur le terrain, les médias locaux rapportent que la rupture de stock perturbe la mobilité et l'activité économique. Selon la presse équato-guinéenne, de longues files d'attente se forment devant les stations-service, tandis que plusieurs axes routiers de Malabo sont déserts. Ces mêmes sources indiquent que la pénurie a provoqué une hausse unilatérale des tarifs du transport urbain. D'après les médias locaux, les chauffeurs de taxi ont doublé leurs prix : les trajets standards sont passés de 500 à 1 000 FCFA, et les courses pour trois passagers sont désormais facturées 2 000 FCFA au lieu des 1 000 FCFA habituels.
Cette crise logistique survient dans un contexte de réformes tarifaires pour le plus petit pays producteur de l'OPEP. Bien qu'exportatrice de brut, la Guinée équatoriale dépend intégralement des importations pour sa consommation de produits raffinés. Récemment, l'État a procédé à un relèvement des prix à la pompe, appliquant une hausse de 30 % sur l'essence et de 10 % sur le gasoil. Cette révision tarifaire, dictée par une réduction drastique des subventions publiques, a été mise en œuvre pour compenser la baisse des recettes pétrolières de l'État.
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