Après une hausse de 19,8 % entre 2024 et 2025, pour atteindre 90,7 milliards de FCFA, la facture d'importation de produits pétroliers de la République centrafricaine (RCA) pourrait franchir le cap des 100 milliards FCFA en 2026. Ces projections émanent du rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), qui modélise l'impact d'une hausse de 20 dollars du prix du baril de brut sur les marchés internationaux. Pour ce pays non producteur d'hydrocarbures, dépendant de l'extérieur pour la quasi-totalité de ses besoins énergétiques, l'institution anticipe que ce scénario « entraînerait une augmentation estimée à 28 % de la facture d'importation des produits pétroliers ».
Cette progression résulterait de la conjonction de la dynamique de consommation interne et des tensions géopolitiques mondiales (crise au Moyen-Orient, perturbations dans le détroit d'Ormuz et incertitudes diplomatiques entre Washington et Téhéran). Les produits pétroliers représentant 31 % des importations totales du pays selon la BAD, l'application de cette hausse de 28 % aux 90,7 milliards de FCFA enregistrés l'an dernier porterait la valeur projetée de ces achats à plus de 116 milliards de FCFA pour l'exercice en cours.
Sur les marchés internationaux, le cours du baril a effectivement bondi de près de 20 dollars en un an, passant de 62,7 dollars en août 2025 à 82 dollars ce 17 août 2026, selon les données de la plateforme Trading Economics, après des pics à 113,9 dollars en avril.
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Dans le détail, sur le plan domestique, pour répondre à une demande nationale galopante (164 419 mètres cubes consommés en 2025, soit +34,5 % sur un an), le gouvernement centrafricain a ouvert son marché à la concurrence en autorisant l'opérateur camerounais Bocom à rejoindre Neptune Oil.
De manière globale, les répercussions macroéconomiques de ce choc exogène ont contraint la BAD à réviser à la baisse les prévisions de croissance de la RCA, passant de 3,5 % à 2,9 % pour 2026. Selon l’institution financière, l’inflation des coûts d'importation entraîne une détérioration du solde du compte courant de 3 points (à -9 % du PIB) et un creusement du déficit budgétaire de 1,5 point. Pour les ménages, qui paient actuellement le litre de carburant à 1 050 FCFA à la pompe, cette dynamique se traduit par une hausse d'un point de pourcentage de l'inflation via la chaîne des transports, bien qu'aucune nouvelle augmentation des prix à la pompe n’ait été évoquée. En parallèle, le Trésor public subit la flambée des coûts liés aux subventions et aux achats d'urgence, aggravée par un risque de change face au dollar américain, devise dans laquelle 50 % de la dette publique extérieure centrafricaine est libellée.
Pour rappel, la RCA a importé 160 358 mètres cubes de carburant en 2025, alors sous le monopole du marqueteur camerounais Neptune Oil. Afin de limiter cette dépendance structurelle et d'atténuer la vulnérabilité de l'économie aux fluctuations mondiales, la BAD exhorte Bangui à diversifier ses sources d'énergie, à améliorer sa logistique et à soutenir la production locale. À terme, le pays pourrait explorer la piste d'approvisionnement de la méga-raffinerie nigériane de Dangote, à l'instar de ses pairs de la CEMAC tels que le Cameroun et le Congo.
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