En ce mois d'août 2026, l'accord signé fin janvier par le géant russe Lukoil pour céder ses actifs internationaux, y compris ceux en Afrique, au fonds d'investissement américain Carlyle, n'est toujours pas bouclé. Selon les informations compilées entre juillet et début août, l'opération reste bloquée à la validation des instances de surveillance américaines et britanniques. Le Bureau américain de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) et le Bureau britannique de mise en œuvre des sanctions financières (OFSI) ont de nouveau repoussé les échéances encadrant la vente de Lukoil International, la holding basée en Autriche par laquelle Lukoil détient ses actifs internationaux.
Selon deux communiqués distincts, l'OFAC a étendu la date butoir des pourparlers au 22 août, tandis que Londres a prolongé sa dérogation jusqu’au 26 février 2027 pour la holding, et jusqu'en octobre 2026 pour les filiales bulgares. « L’accord signé n’est pas exclusif et est soumis à certaines conditions préalables, y compris l’obtention des approbations réglementaires nécessaires », précisait alors la direction de Lukoil.
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Le périmètre de Lukoil International englobe en effet des participations acquises entre 2005 et 2021 dans des projets pétro-gaziers clés au Cameroun et en République du Congo, au sein de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), ainsi qu'au Nigeria et en Égypte. L'ensemble de ce portefeuille étranger est valorisé à environ 22 milliards de dollars. Ce prolongement des délais de cession freinerait de facto les investissements sur ces actifs africains d'hydrocarbures en attente, et alimente l'incertitude quant à la continuité des opérations locales.
Un cadre réglementaire rallongé
Instaurées dans le sillage de l'élargissement des sanctions occidentales d'octobre 2025 en lien avec la guerre entre la Russie et l'Ukraine, ces licences dérogatoires sont des autorisations temporaires indispensables. Elles visent un double objectif : autoriser légalement les acteurs occidentaux à négocier avec une entité sanctionnée sans s'exposer à des poursuites pénales, et garantir la continuité des opérations pour éviter un choc d'approvisionnement énergétique en Europe. Face à l'ampleur du dossier, ces exemptions ont été prolongées à de multiples reprises. L'OFAC a par exemple repoussé la date limite du 25 juillet au 22 août 2026, marquant le énième report d'un processus réglementaire qui peine à aboutir.
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Ce blocage persistant découle des conditions fixées par Washington et Londres pour valider la vente. Le Trésor américain exige une certitude absolue quant à la rupture des liens avec la maison-mère russe, afin d'empêcher que la transaction ne génère des liquidités pour Moscou destinées à financer la guerre. Les régulateurs imposent notamment que les fonds issus de la vente soient séquestrés sur des comptes sous juridiction américaine jusqu'à la levée totale des sanctions, prohibant strictement tout mécanisme de rachat déguisé (buyback) ou de compensation financière indirecte.
À ces contraintes réglementaires s'ajoute le profil même de l'acquéreur. Carlyle étant une société de capital-investissement (avec 474 milliards de dollars d'actifs sous gestion) et non une major pétrolière industrielle classique, les autorités anglo-saxonnes redoutent un montage de type « parking d'actifs », conçu pour masquer le maintien d'une influence russe en arrière-plan. La situation s'est d'ailleurs judiciarisée en Europe de l'Est : pour sécuriser son marché national, la Bulgarie avait pris les devants dès novembre 2025 en plaçant les infrastructures locales de Lukoil sous le contrôle d'un administrateur externe, ajoutant un verrou administratif et souverain à la cession.
Si la succession des licences évite la paralysie opérationnelle immédiate, elle fragilise l'accord initial avec Carlyle. Face au risque d'un veto réglementaire définitif, Lukoil maintient la pression sur le marché et confirme la poursuite active de négociations avec d'autres repreneurs potentiels. Rappelons que c'est en octobre 2025 que Lukoil a officiellement émis son intention de vendre ses actifs internationaux.
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