Au Cameroun, plusieurs stations-service des principaux distributeurs de carburants ont été prises pour cibles dans la foulée des manifestations qui ont éclaté à la suite de la proclamation, lundi 27 octobre 2025, de la victoire du président Paul Biya à la présidentielle du 12 octobre, avec 53,66 % des suffrages. À Douala, une station Tradex a été incendiée, des pompes Bocom vandalisées, des boutiques Neptune, et Ola pillées, tandis qu’à Bertoua, région de l’Est, une station TotalEnergies a subi des dégâts matériels. Dans un communiqué publié le même jour, Tradex, filiale de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), a dénoncé « des exactions injustifiées » et rappelé que « les stations-service Tradex sont le patrimoine de la République du Cameroun et de ses citoyens ».
Neptune Oil, distributeur de carburants à travers le pays est également monté au créneau dénonçant des "actes farouches de vandalisme" orchestré sur ses stations services. "Dans la colère, souvenons nous: neptune, c’est camerounais, ce n’est pas "eux", c’est nous tous, c’est pour nous", a indiqué l’entreprise.
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Les incidents, relayés sur les réseaux sociaux, sont intervenus malgré les restrictions imposées par les autorités sur la vente de carburant en récipients, dans un contexte de tensions politiques et sociales. Des groupes de manifestants ont assimilé certaines compagnies à des symboles du pouvoir économique, alimentant une vague de colère dirigée contre des infrastructures stratégiques, notamment les stations-service et les dépôts de gaz domestique. Selon plusieurs témoignages, les cibles auraient été choisies pour leur visibilité et leur ancrage local, considérés à tort ou à raison comme des relais d’intérêts politiques.
Ces violences entraînent des conséquences économiques immédiates. Plusieurs points de distribution restent fermés pour évaluation des dégâts, perturbant temporairement l’approvisionnement en carburant dans les villes touchées. Les entreprises concernées redoutent un effet domino sur la logistique de transport et la distribution de produits pétroliers, déjà fragilisées par les restrictions de sécurité. Les employés affectés, notamment ceux des stations détruites, ont été mis en congé technique le temps de rétablir les installations.
Créée en 1999, Tradex est l’unique société publique opérant dans le secteur aval des hydrocarbures au Cameroun. L’entreprise, dirigée par Emmanuel Patrick Mvondo, assure la distribution de produits pétroliers au Cameroun, en République démocratique du Congo et en Guinée équatoriale. Avec plus de 2 000 emplois directs et indirects, elle représente un pilier stratégique de la politique énergétique nationale. En appelant à « protéger les stations Tradex comme un acte patriotique », la société entend mobiliser l’opinion publique autour de la préservation d’un patrimoine économique collectif.









