Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a affirmé le 26 mai à Brazzaville que « l’avenir du Gabon se joue aujourd’hui dans la mine », marquant un tournant assumé vers une stratégie économique davantage centrée sur l’exploitation minière, malgré le poids historique du pétrole dans l’économie du pays. S’exprimant lors des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), aux côtés des présidents Denis Sassou Nguesso et Faustin-Archange Touadéra, le chef de l’État gabonais a défendu le potentiel du gigantesque gisement de fer de Belinga, qu’il a présenté comme « la plus grosse mine de fer d’Afrique ».
« Nous avons des réserves pétrolières énormes avec la capacité de tenir jusqu’à 50 ans », a déclaré Oligui Nguema, rejetant l’idée selon laquelle la transition énergétique signerait la fin des économies pétrolières africaines. Mais selon lui, le futur du Gabon repose désormais sur la valorisation de ses ressources minières, notamment le fer, le manganèse et d’autres minerais stratégiques. Situé dans la province de l’Ogooué-Ivindo, le gisement de Belinga figure parmi les projets miniers les plus ambitieux du continent. Selon plusieurs estimations sectorielles, il recèlerait plus d’un milliard de tonnes de minerai de fer à haute teneur. Le projet, longtemps freiné par l’absence d’infrastructures, nécessite la construction d’un corridor logistique complet comprenant chemin de fer, infrastructures énergétiques et port en eau profonde.
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Pour soutenir cette ambition, le président gabonais a relancé le projet de port en eau profonde de Kobe Kobe, présenté comme indispensable à l’exportation future du minerai. « J’invite les investisseurs à nous rejoindre dans cette initiative », a-t-il lancé devant les partenaires financiers internationaux. Cette sortie intervient alors que Libreville accélère sa stratégie de diversification économique afin de réduire sa dépendance au pétrole.
Au-delà du fer de Belinga, le Gabon dispose d’un des sous-sols les plus riches d’Afrique centrale. Le pays est déjà le premier producteur mondial de manganèse grâce aux gisements de Moanda exploités notamment par Compagnie Minière de l'Ogooué (Comilog), qui ont généré plus de 7 millions de tonnes exportées en 2024. Le sous-sol gabonais recèle également d’importantes réserves d’or, de zinc, de plomb et de potasse. Dans le sud du pays, le projet de potasse de Banio porté par la société américaine Millennial Potash affiche des ressources estimées à plus de 1,8 milliard de tonnes, tandis que plusieurs projets aurifères et polymétalliques sont en développement dans les régions d’Étéké, Salanie ou Kroussou.
Le gouvernement gabonais a notamment annoncé l’interdiction des exportations de manganèse brut à partir de 2029 afin de pousser les industriels à investir dans la transformation locale, dans le cadre d’une stratégie de montée en gamme industrielle.
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