Le gouvernement camerounais a annoncé, le 27 avril, l’ouverture de plus de 3 000 km² à l’exploitation artisanale semi-mécanisée de l’or dans la région de l’Est, notamment à Bétaré-Oya et Zembe-Borongo. Cette décision fait suite à une opération de contrôle conjointe menée par le ministère des Mines, la Société nationale des mines (Sonamines), le Secrétariat national du Processus de Kimberley (SNPK) et le Secrétariat d’État à la Défense (SED).
« On ne peut pas engager l’exploitation minière artisanale semi-mécanisée dans un permis de recherche », a déclaré le ministre par intérim des Mines, Fuh Calistus Gentry, à l’issue de cette mission qui a ciblé plusieurs sites d’orpailleurs, dont Climat Dubaï, Bozen Mining, Shen-Xin et Galaxy Mining.
Cette délimitation vise, selon les autorités, à structurer la chaîne de production et à renforcer le contrôle des sites, afin de limiter les sorties d’or hors du circuit formel et les dégradations environnementales. Certaines zones identifiées ne sont pas nouvelles pour l’exploitation aurifère. À Bétaré-Oya, par exemple, la production a atteint 179 414,05 grammes en 2023, soit 18,83 % de la production nationale estimée à 952 772,32 grammes, selon le rapport ITIE.
Conditions d’accès plus strictes
Cette opération s’inscrit dans une volonté de restructuration du secteur minier artisanal, avec la mise à disposition d’espaces dédiés assortis d’exigences renforcées. Les opérateurs devront notamment s’acquitter d’une caution environnementale de 63 millions de FCFA pour 21 hectares, payer une fiscalité comprenant 25 % d’impôt synthétique minier libératoire (ISML), 5 % de taxe à l’exportation et 1,5 % au titre du fonds minier.
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Ils devront également atteindre une production minimale de 5 kg d’or par mois et adopter, dans un délai de six mois, un système d’exploitation en vase clos, censé limiter l’impact environnemental.
Un secteur sous pression
Cette réorganisation intervient dans un contexte de pertes importantes pour le circuit formel. Plus de 15 tonnes d’or auraient échappé aux statistiques officielles en 2023, selon des estimations croisées de l’ITIE et d’UN Comtrade, contre seulement 22 kg déclarés par les douanes camerounaises.
L’objectif est clair : renforcer la captation des flux aurifères par l’État, notamment via la Sonamines, dans un environnement marqué par la hausse des cours de l’or – autour de 4 000 dollars l’once – et par la nécessité de diversifier les recettes publiques face au recul des revenus pétroliers.
La production officielle d’or du Cameroun est estimée à environ 1,5 tonne par an, principalement dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua et du Nord. Une partie de cette production est collectée par la Sonamines au titre des paiements en nature, alimentant des stocks conservés à la Caisse des dépôts et consignations (CDEC).
Dans le cadre de cette opération, des engins ont été saisis, des unités de production démantelées et des installations électriques détruites, contraignant les opérateurs à libérer les sites pour se conformer aux nouvelles dispositions.
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