Le Cameroun pourrait en moyenne, 100 milliards FCFA de recettes fiscales par an grâce à la la facturation électronique selon la Banque africaine de développement (BAD) dans son Rapport pays 2026 consacré au Cameroun. En effet, Dans le cadre du Projet d’appui à la gouvernance des finances publiques (PAGFIP), soutenu par l’institution, cette réforme vise à améliorer la traçabilité des transactions, à réduire la sous-déclaration du chiffre d’affaires et à renforcer le rendement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
Mais ce profit fiscal reste une projection. Le dispositif appelé à porter la réforme est encore en cours de mise en place au sein de la Direction générale des impôts (DGI). Il s’agit d’eBilling, une solution destinée à digitaliser et automatiser la gestion des attestations de retenue à la source des impôts et taxes à travers la facturation électronique. Le marché relatif à la mise en place de la plateforme a été attribué en mars 2026 pour un montant prévisionnel de 1,216 milliard de FCFA, avec une échéance fixée à octobre 2027. À cela s’ajoute un marché de 333,9 millions FCFA consacré à l’assistance technique à la maîtrise d’ouvrage du dispositif, dont l’exécution doit s’achever en décembre 2027.
Le calendrier de déploiement montre ainsi que les 100 milliards FCFA annoncés par la BAD représentent donc un potentiel de mobilisation à mesure que le système sera opérationnel et que son utilisation s’étendra aux différents contribuables. Le dispositif doit d’abord monter en puissance auprès des entreprises relevant notamment de la Direction des grandes entreprises (DGE) et des Directions des moyennes entreprises (DME), avant une extension progressive à d’autres catégories de contribuables.
L’enjeu est particulièrement important dans un pays où la mobilisation des recettes fiscales demeure en dessous des standards communautaires. En 2025, la pression fiscale camerounaise s’est établie à 13,3 % du PIB, contre un seuil communautaire d’au moins 17 %. Au premier trimestre 2026, le Cameroun a mobilisé 1 040,1 milliards FCFA de recettes fiscales, contre un objectif de 1 122,4 milliards, soit un taux de réalisation de 92,7 %, soit un trou de 82,3 milliards de FCFA pour atteindre l'objectif trimestriel. Ces niveaux traduisent à la fois les difficultés de recouvrement et les marges dont dispose l’administration pour sécuriser l’assiette fiscale. La reforme apparait donc comme l'un des leviers envisagés pour réduire les pertes fiscales. D’où les recommandations de la BAD. Il faut : une « mise en place du dispositif de facturation électronique » et une « consécration juridique des réformes sur la facturation électronique et la taxation des transactions économiques en temps réel ».
Marinette Nzogne
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