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Pétrole : l'Opep planche sur une réévaluation des quotas de ses membres dès 2027

Les dernières évaluations de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole révèlent des comportements contrastés parmi les producteurs africains membres du cartel, notamment ceux de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC).

Publiée vendredi 30 mai 2025 à 19:55:40Modifiée vendredi 30 mai 2025 à 19:55:40Temps de lecture 4 minPar Albert AMOUGOU

Les produits pétroliers

Lors de leur récent conseil des ministres, tenu le mercredi 28 mai, les 13 pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés, dont la Russie, réunis au sein de l’OPEP+, ont convenu d'une mesure stratégique pour l'avenir de la production pétrolière mondiale. Le cartel a décidé de charger son Secrétariat d'élaborer un mécanisme d'évaluation de la capacité de production durable maximale (CSM) pour chaque pays participant. Concrètement, il s’agit de mettre en place une méthodologie structurée et objective pour déterminer le volume maximal de pétrole brut qu'un pays membre peut produire de manière constante et soutenable sur une période prolongée, sans endommager ses gisements ou ses infrastructures, et sans compromettre sa capacité future. Selon le communiqué de l’OPEP, « ce mécanisme servira de référence pour la fixation des nouveaux niveaux de production individuels à partir de 2027 ».

Lire aussi : Pétrole : l'OPEP envisage une nouvelle hausse de sa production pour juillet

Cette initiative s'inscrit dans le cadre de la Déclaration de coopération de l’Opep, signée en décembre 2016, qui vise à assurer la stabilité du marché pétrolier. La mise en place de ce mécanisme est une réponse directe aux controverses internes concernant les quotas. En effet, des membres comme les Émirats arabes unis et l'Irak, ayant augmenté leur capacité de production, plaident pour des quotas plus élevés. À l'inverse, d'autres pays, notamment les membres africains, ont vu leur production diminuer, ce qui rend la question des quotas particulièrement sensible. « Le Comité ministériel conjoint de surveillance (CMM) continuera de se réunir tous les deux mois pour examiner les conditions du marché et la conformité, réaffirmant l'importance cruciale du respect des engagements. », a précisé l’OPEP.

Cette nouvelle mesure de l'OPEP+ intervient dans un contexte de marché pétrolier particulièrement volatile et incertain. En effet, les prix du baril étaient tombés en avril à leur plus bas niveau en quatre ans, sous les 60 dollars (environ 34 884 FCFA). Cette chute s'expliquait notamment par une hausse de production de l'OPEP+ prévue pour mai et par les inquiétudes liées aux droits de douane américains. Bien qu'ils se soient légèrement redressés depuis pour atteindre environ 65 dollars le baril (environ 37 791 FCFA), la prudence reste de mise.

Lire aussi : Congo, Gabon, Guinée Équatoriale : La production pétrolière stagne à 542 000 barils/J en mars 2025

Dans ce cadre fluctuant, des sources (Reuters) indiquent par ailleurs que huit pays membres de l'OPEP pourraient envisager, en plus d'une augmentation de la production pour juillet, d'annuler le reste de la dernière réduction d'ici fin octobre.

Les producteurs de la Cemac en rang dispersé face aux quotas

Les dernières évaluations révèlent des comportements contrastés parmi les producteurs africains membres de l'OPEP, notamment ceux de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) dont le Gabon, le Congo et la Guinée équatoriale. Selon les dernières données de l’Agence internationale de l’énergie et de l’OPEP, en février 2025, le Congo a produit 240 000 barils par jour, soit 40 000 barils par jour en dessous de son quota de 280 000 barils par jour. Le pays dispose cependant d'une capacité durable de production de 270 000 barils par jour. La Guinée équatoriale a affiché une production de 60 000 barils par jour, soit 10 000 barils par jour en dessous de son quota de 70 000 barils par jour. Sa capacité durable de production étant de 60 000 barils par jour, cela indique qu'elle produit à sa capacité maximale.

Lire aussi : Pétrole : pourquoi les pays de la CEMAC peinent à respecter leurs engagements vis-à-vis de l'OPEP ?

Quant au Gabon, il a produit 230 000 barils par jour, dépassant son objectif de 180 000 barils par jour de 50 000 barils par jour, alors que sa capacité durable de production est de 220 000 barils par jour. Ces écarts soulignent les défis auxquels sont confrontés ces pays pour se conformer aux directives de l'OPEP+, qu'il s'agisse de contraintes de production ou de stratégies visant à maximiser les revenus.

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