« Le quinquennat du président de la République n'est pas un quinquennat de promesses, mais de réalisations et de développement. Nous allons accroître le suivi et faire respecter le principe de redevabilité et d'obligation de résultats ». Devant les 93 députés qui forment le Parlement de transition, le 13 juin dernier à N’Djaména, le nouveau Premier ministre du Tchad, Allamaye Halina, a présenté une dizaine de projets qui constituent les chantiers économiques prioritaires du frais émoulu président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno (MIDI). L’une de ces priorités est liée à la lutte contre l’inflation, qui a commencé le 17 juin dernier à travers le léger réajustement à la baisse des prix de l’essence et du gasoil, de 28 Fcfa et 30 Fcfa, respectivement. Au terme de ce premier mandat, d’ici à 2029, MIDI projette de doubler le kilométrage de routes bitumées qui passeraient d’environ 3500 kilomètres actuellement à 7000 kilomètres, ainsi qu’il l’a déclaré pendant sa campagne. Ce futur linéaire a vocation à être connecté au réseau routier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
Il a également en tête de construit une seconde raffinerie dans le pays afin de de couvrir entièrement la demande domestique en produits pétroliers, laquelle augmente annuellement de 12% à 14%. L’ex-ministre en charges des Hydrocarbures, Djerassem Le Bamedjiel, expliquait il y a un an que pour couvrir ses besoins internes, le Tchad importait une partie de son gasoil raffiné de l’étranger. Toujours à l’horizon 2029, le gouvernement compte créer construire plusieurs infrastructures de transport, à l’instar de nouveaux ports secs annexés à des zones franches industrielles pour faire du Tchad « un hub logistique sous-régional ». Le pouvoir tchadien promet de mettre en place une batterie de mesures incitatives pour faire rendre compétitives ces zones franches industrielles. Dans son discours de politique générale du 13 juin, le Premier ministre Allamaye Halina a également déclaré que sous l’impulsion du chef de l’État, le gouvernement conduirait le Tchad vers son indépendance énergétique à l’horizon 2034.
Le pays qui dispose actuellement avec la République centrafricaine, du taux d’électrification le plus faible de la Cemac – moins de 15% -, compte, notamment, s’appuyer largement sur les énergies renouvelables pour relever ce défi, lui qui dispose d’un excellent ensoleillement. Le développement de l’économie numérique n’est pas la dernière des priorités de MIDI, lu qui rêve d’un Tchad pleinement connecté d'ici 2029. Lors de sa campagne, il a promis d’œuvrer à l’amélioration des infrastructures numériques et télécoms « afin d'étendre la connectivité Internet à haut débit et à faible coût dans tout le pays, y compris dans les zones rurales ». Pour encourager l’innovation dans ce domaine, « les initiatives entrepreneuriales et les jeunes seront soutenus par la mise en place d'accompagnements basés sur des partenariats, des parrainages et des mentorats avec des pays partenaires. Ils bénéficieront d'un accès facilité aux différentes administrations pour simplifier les démarches administratives et les conseiller ».
Mahamat Idriss Déby et son gouvernement entendent par ailleurs mettre à profit le potentiel minier du Tchad. « Sur le plan de l’exploitation minière, nous devrons ouvrir des chantiers sur les champs repérés comme prometteurs, en nous associant à des capitaux privés ». Ils soulignent, du reste, la nécessité de diversifier l’économie nationale, avec une attention particulière sur le secteur rural. « À l’instar du secteur rural, nous allons rechercher la diversification pour garantir la régularité de nos recettes, créer des emplois et des services », indique le Premier ministre.



