En 2025, la BEAC a gagné beaucoup moins d’argent sur ses avoirs logés dans le compte d’opérations au Trésor français. Selon le rapport spécial de contrôle du compte d’opérations pour l’exercice clos au 31 décembre 2025, les intérêts générés se sont établis à 110,6 milliards FCFA, contre 190,8 milliards FCFA en 2024, soit une chute de 42 %.
Cette baisse s’explique principalement par le recul des taux d’intérêt en Europe. En effet, la rémunération du compte d’opérations, indexée sur le taux de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne, s’est inscrite en net repli en 2025, avec des moyennes trimestrielles oscillant entre 2,40 % et 3,19 %, contre des niveaux supérieurs à 4,7 % un an plus tôt. Parallèlement, le volume des avoirs logés au Trésor français s’est contracté. Le solde global du compte d’opérations est ressorti à 3 669 milliards FCFA à fin décembre 2025, en baisse de près de 1 140 milliards FCFA par rapport aux 4 807 milliards FCFA enregistrés à la même période en 2024.
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Malgré ce repli, la BEAC continue de maintenir un niveau élevé de centralisation de ses réserves au Trésor français. En 2025, les dépôts ont représenté entre 59,8 % et 73,2 % des avoirs extérieurs, soit un niveau supérieur au seuil réglementaire de 50 % fixé par les accords de coopération monétaire. Le rapport met également en lumière des déséquilibres au sein de l’Union monétaire. Le Gabon affiche une position débitrice de –166,3 milliards FCFA au compte d’opérations à fin 2025, traduisant une détérioration de ses flux extérieurs.
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À l’inverse, le Cameroun demeure le principal contributeur, avec 1 816 milliards FCFA, soit près de la moitié des avoirs logés dans le compte. En parallèle, la BEAC a enregistré un gain de change estimé à 286,7 milliards FCFA en 2025, lié aux variations de l’euro par rapport au droit de tirage spécial (DTS) du FMI. Concrètement, cette plus-value provient de l’évolution des taux de change et non d’une activité génératrice de revenus. Elle est donc comptabilisée en réserve et ne peut pas être utilisée immédiatement pour financer des dépenses ou être redistribuée aux États.



