Le gouvernement gabonais a engagé une réforme de la fiscalité aéroportuaire en adoptant deux arrêtés le 10 juin dernier. Le premier relève sensiblement la redevance de sûreté aéroportuaire, tandis que le second crée une nouvelle redevance API/PNR (Advance Passenger Information/Passenger Name Record) destinée à financer le système de collecte et de traitement des données des passagers et du fret conformément aux standards internationaux de sûreté.
S'agissant de la redevance de sûreté, les montants applicables par passager et par voyage passent désormais à 7 000 FCFAsur le réseau domestique, contre 3 000 FCFA auparavant, à 18 000 FCFA sur les vols à destination de la CEMAC, contre 7 000 FCFA, et à 23 000 FCFA sur les vols internationaux, contre 10 000 FCFA jusqu'ici. Selon les destinations, les hausses varient ainsi entre 130 % et 157 %.
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Nouvelle taxe de 17 000 FCFA
En parallèle, l'arrêté n°00000109 instaure une redevance API/PNR de 30 dollars américains par passager (environ 17 000 FCFA au taux de change actuel) sur tous les vols commerciaux internationaux au départ et à l'arrivée des aéroports gabonais. Prélevée au moment de l'émission du billet d'avion par les compagnies aériennes, cette redevance finance la mise en œuvre du système API/PNR, qui permet aux autorités de recevoir à l'avance les informations sur les passagers afin de renforcer le contrôle aux frontières, la lutte contre le terrorisme, les trafics illicites et l'immigration irrégulière.
Le texte ne concerne pas uniquement les voyageurs. Il instaure également une redevance API/PNR sur le fret aérien, fixée à 0,50 dollar américain par kilogramme de marchandises transportées sur les vols internationaux. Cette taxe sera acquittée par les compagnies aériennes ou les opérateurs concernés selon les modalités prévues par l'arrêté.
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Derrière cette nouvelle redevance se trouve la société américaine SECURIPORT LLC. L'arrêté rappelle en effet que la taxe est instituée dans le cadre de la convention de concession conclue entre l'État gabonais et cette entreprise spécialisée dans les systèmes de contrôle frontalier et de renseignement sur les passagers. La redevance est ainsi « exclusivement affectée au financement des investissements, de la mise en place, de l'exploitation et de la maintenance de la plateforme de contrôle frontalier intégrée incluant le système API/PNR », précise le texte. Durant les cinq premières années de la concession, 75 % des recettes reviendront au concessionnaire et 25 % à l'Office national de sûreté et de facilitation des aéroports du Gabon (ONSFAG), avant une diminution progressive de la part de SECURIPORT jusqu'à un partage égal des recettes au cours des cinq dernières années.
Quel impact sur le prix des billets ?
Même si le prix final dépendra de la politique commerciale de chaque compagnie aérienne, ces nouvelles dispositions devraient mécaniquement renchérir le coût du transport aérien. À titre d'illustration, un passager voyageant de Libreville vers Paris ou toute autre destination internationale supportera désormais une redevance de sûreté de 23 000 FCFA, à laquelle s'ajoutera la nouvelle redevance API/PNR de 30 dollars, soit environ 17 000 FCFA. À elles seules, ces deux redevances représentent près de 40 000 FCFA (environ 61 euros) de prélèvements, hors autres taxes d'aéroport, redevances de navigation, TVA éventuelle et surcharge carburant déjà intégrées dans les billets.
Pour les compagnies aériennes, cette hausse intervient alors que le Gabon cherche à renforcer sa connectivité régionale et à développer Fly Gabon. Si les transporteurs répercutent intégralement ces nouveaux prélèvements sur les voyageurs, le coût des billets au départ de Libreville pourrait augmenter, au risque d'affecter la compétitivité de la plateforme gabonaise face à d'autres hubs de la sous-région.

